Les Français à l’étranger ? Pourquoi les fuit-on ?

Les Français à l’étranger

Nous voyageons, nous quittons notre cocon, nos habitudes, nos certitudes et nous allons nous confronter au Monde. Nous renonçons à notre langue maternelle pour user nos borborygmes  dans des vocables incertains, avec des approximations qui feront le bonheur des autochtones. Oui, comment aurions-nous pu deviner que le mot « pain » dans notre bouche prendrait une connotation sexuelle dans l’une des nombreuses provinces chinoises ?

Nous empruntons des avions, des trains, des bus, des taxis brousse, des charrettes et des ânes. Nous allons au bout de nous-mêmes. Et dans le village le plus reculé, le plus exilé,après des jours et des jours de pérégrination, alors que nous commençons à peine à nous reposer de nos efforts, voilà que débarque d’un bus cliamtisé un troupeau de Français, l’appareil photo en bandoulière, l’œil bovin et…

STOP !

Pourquoi, alors que nous saluons poliment nos voisins quand nous les croisons dans l’ascenseur, nous provoquent-ils des envies de meurtre quand nous les rencontrons à l’étranger ?

Pourquoi fuit-on les Français à l’étranger ?

 

Souvent, comme le dit Fabrice Dubesset dans son article, les Français voyageurs ont tendance à dénigrer leurs compatriotes à l’étranger; ils les évitent, ils les fuient, ils les conspuent.

Pourquoi ?

Ont-ils honte d’être français ? S’excluent-ils de la population française quand ils la critiquent, devenant subitement apatrides ou Français de classe supérieure ? Pour quelles raisons les Français à l’étranger ne s’attirent-ils pas, contrairement à ce qui facilement observable chez les néerlandais ou allemands ? Partager les mêmes références culturelles et la même langue éloigneraient-ils les individus dans notre pays ?

Français à l'étrangerFrançais à l’étranger : stéréotypes !

 

  • Le Français à l’étranger est bruyant, parle fort et sans respect.
  • Il critique ce qu’il ne comprend pas, qu’il s’agisse de la cuisine locale de l’édification des monuments religieux, des règles qui accompagnent les naissance ou les rituels mortuaires dans un autre bout du monde.
  • Il s’habille en short et marcel pour visiter les lieux de cultes, à la Bidochon.
  • Il ne parle aucune langue étrangère. Le français lui suffit, c’est bien connu.
  • La culture du pays de ses vacances ne l’intéresse pas; ses références sont judéo-chrétiennes, françaises et basta. Il se jette sur les souvenirs locaux Made in China et marchande pour 5 centimes d’euro comme si sa vie en dépendait.
  • Il sait ce qui est bon, ce qui se mange et comment on le mange. La France est LA référence universelle en gastronomie, n’est-ce-pas ?

 

Français à l'étrangerFrançais à l’étranger : réalités

 

Je suis bien française ; je ne recherche pas mes compatriotes en voyage. Je ne les fuis pas non plus mais leur compagnie ne me manque pas, pas plus que de parler la langue française ou d’évoquer la météo dans mon lieu d’origine. Je n’y suis  pas.

Bien sûr, j’ai mon « Français » avec moi puisque je voyage en couple. Nous partageons « plus ou moins » les mêmes références culturelles. Et j’apprécie de discuter avec lui, d’échanger sur mes ressentis. Mais avec des inconnus sous le seul prétexte qu’ils sont du même pays d’origine que moi ? Non merci. Je crains de continuer  à me sentir irritée de croiser mon voisin de palier dans ce petit village de Bornéo où nous sommes arrivés au prix de beaucoup d’heures d’inconfort ? Vraiment non !

Mes pistes de réflexion :

 

  • Quand nous partons en voyage, nous nous engageons dans une recherche de dépaysement, de nouveauté, d’imprévu.  Nous élaborons une image de nous-mêmes en mieux, plus courageux, plus aventurier, plus intrépide. Plus ? Plus que la moyenne des personnes que nous connaissons. Faire des milliers de kilomètres dans des conditions inconfortables au possible pour arriver dans ce bout de monde où sera déversé un bus entier de compatriotes qui parlera fort, qui se ruera sur les locaux l’appareil photo brandi et… STOP ! Non, nous n’avons pas parcouru ces milliers de kilomètres pour discuter avec des personnes que nous pouvons croiser dans notre boulangerie de quartier (très français, la notion de « sa » boulangerie). Croiser un français râleur aux chutes d’Iguaçu pourrait même ôter toute valeur au voyage que nous vivons. Ma première expérience de ce type ? Le sentiment d’arnaque que j’ai ressenti après l’ascension à pied du Puy de Dôme avec ma classe de 3 ème alors que les bus allaient jusqu’au sommet sans effort.

 

  • Notre voyage, avant de le vivre, nous l’imaginons, nous le rêvons, nous le fantasmons. Nous allons y engager du temps, de l’argent, de l’énergie et de l’espoir, l’espoir de vivre une belle aventure, de jolies rencontres, une originalité. Nous allons nous différencier de la masse. Bénabar le chante bien dans sa chanson « Les épices du souk » : toujours les mêmes photos du souk du Caïre…

 

  • Nous avons consacré beaucoup de soirées à apprendre une nouvelle langue, proche de nos racines ou non, une grammaire différente, d’autres modes de réflexion. Tous nos efforts semblent réduits à néant quand notre voisin parle la langue de Molière.

Petit aparté : « quel pourcentage de la population française baragouine une autre langue que la sienne ? » et ensuite « combien de pourcentage d’anglophones tente de s’exprimer dans une autre langue que l’anglais ? » Fin de l’aparté. Merci.

  • Autre raison moins noble. Il m’est arrivé à l’étranger de plaisanter, d’ironiser et de ne pas vouloir qu’une autre personne que celle à laquelle je m’adresse comprenne mes propos. Alors, partager mes sarcasmes avec les autres touristes français, non merci.

 

Conclusion provisoire par essence

A l’étranger, loin de notre Mère Patrie, nous nous sentons en réalité plus français que jamais, comme responsables de l’image nationale. Rencontrer des Français  à l’étranger nous renvoie l’image issue d’un miroir déformant, une autre facette de nous-mêmes, de nos habitudes, de nos certitudes : nous sommes des touristes, nous ne sommes que de passage.

Que nous vivions comme des locaux, avec des locaux, nous ne resterons pas. Vivre à la dure, avec un confort plus que sommaire est un choix de notre part, un caprice. Nous le choisissons. les locaux, non.

Nous reprendrons notre envol après quelques heures, quelques jours ou quelques mois pour les moins rapides. Voyager reste notre choix. Nous sommes des vagabonds de luxe.

Malgré nous, nous resterons des touristes, de simples visiteurs.

Et vous, quelle est votre attitude en voyage ?

Fuyez-vous vos compatriotes ou recherchez-vous leur compagnie ? 

gaulois

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18 comments

  • ACLD

    Bonjour !
    Je voyage seule, et moins souvent accompagnée.
    Je me fiche de rencontrer des Français ou pas. Ce que je veux c’est, tant qu’à faire, rencontrer des personnes agréables, intéressantes, qu’ils soient locaux, étrangers, ou Français. Et il faut se rendre à l’évidence, la langue est souvent un problème. Même avec les locaux de bonne volonté. Parfois, on aura des échanges bien plus instructifs sur le pays qu’on traverse avec quelqu’un qui n’est pas un local mais qui y vit depuis longtemps et comprend beaucoup de choses, avec un recul propice à la réflexion. C’est aussi à nous de faire preuve de sens critique et de mettre à l’épreuve ce qu’on entend, lit, avec ce qu’on voit et expérimente de première main.
    Ce qui compte à mes yeux, c’est la personne. Pas son passeport.
    Au Cambodge, j’ai croisé beaucoup de Français très chouettes, et qui étaient là parce qu’ils aiment le Cambodge, ou qu’ils avaient envie de le découvrir. Ils voyageaient avec les moyens du bords, avec humour, bonne humeur et générosité. Ils m’ont laissé un excellent souvenir. Ailleurs j’ai vu des Français se conduire moins bien, et d’autres tout aussi bien. Faut se faire une raison : y a des cons partout. Et des gens fantastiques aussi. Français ou pas.
    J’espère juste que je n’ai semblé conne à personne 🙂

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    • Bravo pour votre commentaire qui résume parfaitement ce que j’ai souhaité dire dans l’article. je vous souhaite de magnifiques voyages avec de belles rencontres à la hauteur que vous méritez. Sait-on jamais ? peut être aurons-nous le plaisir de nous croiser lors d’un voyage ?

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  • Solo

    Selon moi, la meilleure immersion lorsqu’on voyage, l’authentique immersion, c’est lorsqu’on VOYAGE SEUL. On a beau, à deux, adopter toutes les attitudes possibles, le contact ne sera jamais le même que lorsqu’on voyage seul.

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  • C’est une réflexion intéressante en effet! Et c’est une discussion que j’ai souvent eu. Personnellement je pense que c’est quelque chose que j’ai appris à dépasser avec le temps. Au début, j’étais toujours irritée d’entendre parler français à droite et à gauche, comme tu l’as dit toi même. Au final, je me retrouve expat’ au bout du monde, mais avec autant d’amis français qu’étrangers ou locaux. Et cela me convient parfaitement 🙂 Bien que cela soit un peu extrême, les gens qui cherchent à fuir leurs compatriotes à tout prix ont parfois leurs raisons : ils veulent apprendre une langue, s’immerger dans la culture etc. et je respecte ces raisons. Mais finalement je me rend compte que le contact avec les Français à l’étranger est d’une autre nature que celui en France. Il est plus posé, plus agréable, aussi parce que les Français qu’on rencontre loin de chez nous ont parfois bien plus en commun avec nous que ceux que l’on croise tous les jours en bas de la rue 😉 On est tous des mordus de voyage, et les amitiés s’établissent plus naturellement 🙂

    Je trouve ça un peu extrême de dire que « tous vos efforts sont réduits à néant lorsqu’on entend la langue de Molière ». Vraiment? 😉 Je ne pense pas que parler français une fois de temps en temps te fera perdre du niveau dans la langue que tu apprends – en revanche c’est sur qu’en parlant exclusivement français, on ne progresse pas! Faut juste savoir faire la part des choses!

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    • Bonsoir et merci pour ce long commentaire. Comme vous le devinez, cet article se veut humoristique tout en posant de vraies questions. et la principale serait : pourquoi sommes-nous si critiques à l’égard d’autres Français ? parler Français n’a rien de désagréable. Tout est comme toujours, plus une question de personne plus que de nationalité. Donc, je suis d’accord avec vous. Et au final, fuir les Français à l’étranger me parait aussi extrème que de ne vivre qu’entre Français (oui, j’ai des noms dans les deux cas !). Bonne poursuite de votre expatriation et bonne discussion avec toutes les personnes intéressantes qui croiseront votre route, quelle que soit leur nationalité. ;-D

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  • louisa

    Salut,
    J’ai trouvé ton article intéressant. Personnellement je ne comprends pas certains français qui sont en Pvt d’un an, préfèrent rester entre eux. Suffit de voir les groupes FB les français en… Australie/Nz. « Salut je suis à … Je me fais chier y a rien à faire, qui est partant pour un verre? ».
    Je trouve ça dommage de partir aussi loin pour ne pas essayer de faire de.nouvelles rencontres. (Autres que francaises) Après bien sur chacun a sa vision du voyage, donc je ne peux la critiquer et chacun fait ce qu’il lui plaît. Mais je trouve encore une fois dommage, de ne pas faire ces mêmes demandes sur un autres groupe plus.international et non pas cible qu’entre français. C’est aussi le meilleur moyen pour d’autres voyageur de ne pas pouvoir interagir. Quand je vois un groupe de 5-6 allemandes qui parlent leur langue maternelle, tu te sens direct exclu et ça donne pas envie d’aller leur parler par peur de déranger.
    Rester entre français ça fait aussi rester dans sa zone de confort. plus besoin de se faire chier à parler l’autre langue. Enfin ce n’est que mon avis.

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    • excellente analyse. merci de proposer vos pistes de réflexion. Et il est vrai que je suis parfois étonnée de ces demandes de « boire un verre entre français ». pourquoi partir aussi loin alors ?

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  • Vive les généralités ! Et tant que française, j’ai toujours été très bien accueillis à l’étranger. Au contraire, quand on dit qu’on est français, les gens ont tendances à être admiratifs, souriants, à poser des questions. J’ai toujours eut des compliments de la France, de la part de Polonais, Anglais, Italiens. Je ne comprends pas comment on peut classer les gens suivant leur nationalité ( un peu raciste ? )
    Si on part dans les stéréotypes minable ( comme cet article ), au niveau des français parlent QUE français , que dire des Anglais et Italiens ? J’ai bossé dans le tourisme, faut parler que leur langue avec eux quand ils viennent chez nous. Quand on part en voyage, c’est pour l’envie de communiquer, de découvrir une autre culture ( culinaire, langue, patrimoine etc … ) Et que dire des asiatiques qui viennent en France manger dans les sushis shop alors ? Il y a beaucoup de gens qui s’en fiche de découvrir le pays visité, au niveau de la culture et de la langue et c’est loin d’être que des français. ( la preuve, j’existe ^^ ).
    Personnellement je trouve cela pitoyable d’écrire des articles pareils, qui descendent une population entière ( en plus sur un site qui conseille en voyage !!!! )…. Un peu française la personne qui l’a rédigé ? 😉 Heureusement que tous les étrangers n’ont votre vision du français. Ils nous respectent plus que cet article.
    A bon entendeurs …

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    • Avez-vous réellement lu l’article ? je parle des stéréotypes sur les Français et je démontre qu’ils sont faux, comme l’idée que les Français sont nuls en langue étrangère. Relisez et commentez. je me ferai un plaisir de vous répondre

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  • Article très intéressant, et bonne réflexion. C’est vrai que nous avons tendance à fuir les français en voyage, non pas à cause de leur réputation ou de leur caractère, mais parce que nous voulons justement « fuir » au maximum nos habitudes de français pour nous imprégnier de la culture du pays.
    Et fuir les français c’est aussi fuir la langue française : c’est un point d’honneur que nous nous sommes fixés pour notre PVT en Australie, afin d’améliorer au mieux notre anglais !

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    • je pense que nous recherchons effectivement le dépaysement à l’étranger. Et courage pour l’amélioration de votre anglais avec l’accent australien 😉

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  • Gwendal

    C’est un sujet qui me passionne à plus d’un titre et je suis ravi de voir que je ne suis pas le seul à me questionner. Le fait est qu’il convient, à mon avis, de différencier le touriste temporaire, du voyageur au long cours, et également de l’expatrié.
    Chaque catégorie a ses propres motivations mais s’il est un trait commun à tous c’est que l’humain est un être grégaire qui s’apparie avec son semblable. Culturellement, linguistiquement, etc. Si le voyage est de courte durée, il est concevable que le « touriste » ne cherchera pas systématiquement à rencontrer son compatriote, car comme il a été dit plus haut : il « nous renvoie l’image issue d’un miroir déformant, une autre facette de nous-mêmes ».
    Par contre, avec le temps, il est naturel que les cultures, les langues, fassent corps. Ne serait-ce que parce que c’est plus simple et plus pratique sur le long terme.
    Pour finir, je m’inscrit bien sûr totalement en faut avec les stéréotypes énoncés en début d’article. Il s’agit là de poncifs qui peuvent s’appliquer à n’importe lequel des pays développés… Notamment concernant les langues étrangères. Le Français est de loin celui qui s’applique le plus à « baragouiner » quelques mots lorsqu’il visite un pays étranger. Si l’on compare avec les anglo-saxons, et les germains, il n’y a pas photo 🙂 Et puis bien sûr, le dernier stéréotype n’en est pas un puisqu’il décrit une réalité ! La cuisine, c’est nous, point barre !

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    • Excellente analyse que la votre ! Merci de compléter de manière aussi juste l’article.Et je partage votre point de vue sur « les langues étrangères ». Les stéréotypes sont obligatoirement faux… sauf ls positifs, bien sûr. Bon appétit ! 😉

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  • Isabelle

    j’habite dans un coin aux États-Unis oú je ne rencontre pas tous les jours de français. Quand je me balade dans la ville et que j’entends parler français je sursaute car c’est très rare et très souvent nous engageons la conversation . Quand je suis en voyage aux us, j’ai la même réaction mais souvent parce qu’il s’agit d’un simple touriste, le français en face de moi est méfiant tandis que moi habitué à la mentalité américaine qui veut que tout le monde parle a tout le monde j’ai vraiment envie d’engager la conversation car je suis en manque de ma langue maternelle.. Parfois on arrive à briser la glace surtout quand on leur dit qu’on habite ici mais c’est assez dur en fait.

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    • Merci pour votre commentaire. je l’ai vécu aussi et je suis aussi agacée par ceux qui ne veulent rester « qu’entre français’ que par ceux qui fuient les français. En voyage, il m’arrive souvent que des étrangers ayant vécu en France engagent la conversation. Et j’en suis touchée.

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  • CastillayLeon

    bonjour,
    J’ai lu votre article avec interet et du haut des mes 20 ans. Personnellement les Français en voyage je ne les fuit pas plus que je l’ai recherche, mais quand il m’arrive de dîner avec des compatriotes c’est avant tout parce qu’ils me sont sympatiques, comme je le ferais en France. L’avantage que je trouve parfois c’est de pouvoir partager nos découverte et échanger facilement (barrière de la langue en moins oblige) c’est d’enrichir notre voyage. Français et autres c’est au fil des rencontre que je me fais des amis en voyage… Je me comporte avec les Français comme avec les autres.

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