Martinique terre de rhums. Parole d’alcoolique ?

Martinique terre de rhums ?

croisière

La culture de la canne à sucre aurait été introduite lors du second voyage de Christophe Colomb sur l’île d’Hispaniola, (actuellement Haïti). Des traces écrites concernant les plus anciennes rhumeries proviennent de la Barbade. Vous le savez, on trouve du rhum guadeloupéen, dominicain, cubain, réunionnais, martiniquais et bien d’autres encore.

J’ai pu lire dès mon arrivée sur l’île : « Martinique Terre de rhums« . Dans tous les dépliants touristiques fournis, vous seront conseillées les visites de rhumeries, avec ou sans dégustation et avec la mention « attention à l’abus d’alcool ». Beaucoup de locaux vous certifieront que le rhum produit sur cette île est le meilleur, le plus (?), qu’il a obtenu beaucoup de récompenses dans des concours nationaux et internationaux et qu’il est le seul rhum bénéficiant d’une AOC ou appellation d’Origine Contrôlée. La typographie de l’île ouvre la possibilité d’une exposition de côteaux bien orientés au soleil. Cela suffit-il ?

Alors, Martinique terre de rhums ?

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Intéressons nous pour commencer à la fabrication du rhum. Comment, de banales cannes à sucre en arrive-t-on à ce nectar des Dieux, (à consommer avec modération car nous ne sommes pas des Dieux) ?

Choubouloute

Choubouloute

Fabrication du rhum :

– Déchargement de la canne à sucre

C’est au moment de la saison dite sèche, de février à juin que les cannes sont riches en sucre. Elles sont récoltées à la machine et livrées à la distillerie pour être broyées le jour même.

 

– Extraction de la canne à sucre

Déchargée sur un convoyeur, la canne est éclatée par deux séries de couteaux. Les fibres sucrées sont alors pressées par quatre moulins successifs. Le jus récupéré (le vesou) est filtré et envoyé en cuve de fermentation.

 

 – Cuves de fermentation :

Les cuves de fermentation en inox sont remplies de jus de canne. Après 48h de fermentation, les levures ont consommé tout le sucre et produit de l’alcool à la place. Le vin obtenu titre entre 5° et 6° d’alcool. Il faut ensuite distiller ce vin dans des colonnes afin d’en extraire le rhum. C’est à ce stade de fabrication que se forment les principaux arômes du rhum.

 

– Distillation :

Pour obtenir le rhum, il est nécessaire de concentrer l’alcool et les arômes contenus dans le vin de canne après fermentation. A l’intérieur des colonnes, la vapeur monte et le jus fermenté (ou vin) descend. A chaque plateau, la vapeur se change en alcool par barbotage. Ensuite la vapeur est refroidie par les condensateurs. Le rhum obtenu sera stocké selon l’usage :

  • Rhum blanc : dans des cuves en inox
  • Rhum doré : dans des foudres en chêne
  • Rhum vieux : dans des fûts de chêne.

 

 

– Dégustation :

 Distilleries : les visiter. Pourquoi ?

Non, ce n’est pas uniquement  pour picoler  pour déguster les différents rhums. Dans chaque distillerie que nous avons eu le plaisir de visiter, nous avons appris encore plus sur le rhum, la vie des esclaves, la colonisation et le goût du rhum. Certaines font payer leur visite, d’autres, peut-être plus sûres de la qualité de leur rhum ou plus attentives à la clientèle, laissent aux visiteurs le droit de baguenauder et de découvrir les différents parfums des rhums. Certaines distilleries ont installé des jardins magnifiques, voire un trajet en 4X4 dans les plantations ou un circuit en train touristique. D’autres  fonctionnent entièrement à la vapeur. Coté écologie, ce qui alimente leurs chaudières, c’est le résidu sec de la canne après broyage, la bagasse.

Monsieur Senior ajoute : 

Par contre toutes portent naturellement l’agréable humanité martiniquaise où la liberté des visiteurs n’a de contrainte que le bon sens de la considération et du respect de l’autre (là du lieu de travail, loin des névroses sécuritaires. Merci.

Oui, il y en a pour tous les goûts, des rhums agricoles, blancs, jeunes (et qui arrachent), des rhums paille, plus riches en parfums, des rhums vieux qui, dans les cas extrêmes, deviennent veloutés, riches en arômes. Oui, j’ai découvert ici le rhum de mon cœur. Comme, en même temps, je l’ai découvert dans ce qui reste ma distillerie favorite, que demander de plus ?

Pour moi, la Martinique obtient haut la main son brevet de Terre de Rhums.

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Mot de Monsieur Senior : Un revers à cette excellence serait que la maîtrise du savoir faire lisse la palette des goûts tels : les rhums blancs n’ont pas la singularité primitive de ceux de la Réunion pourtant de moindre réputation et il faut sans doute savoir aller vers des vieillissements au-delà de 15 à 20 ans pour être réellement à la table des dieux où ne sont pas ceux des écossais avec leurs whiskys, les saveurs ne sont pas les mêmes. Les 7 à 10 ans sont pour moi comparables pour le plaisir aux whiskys (blended) courants, les 15 à 20 ans ressemblant parfois sur certains arômes et leur présence à se méprendre aux très bons « single malt » de même âge. A l’évidence il ne s’agit que d’une appréciation personnelle, le meilleur des rhums étant celui que l’on préfère et de plus la préférence peut changer avec l’humeur, il en va de même pour les whiskys sachant là qu’eux ne font pas appel aux mêmes zones de goûts des cavités buccales et pharyngées. Heu…, madame ne vous l’a pas dit mais le sien est « du 30 à 36 ans » !

Martinique terre du rhums ou des dieux ?

Vous n’êtes pas d’accord ? Vous me certifiez que le rhum X de Y est meilleur que celui de mon coeur ? OK, envoyez-moi une bouteille pour que je juge sur pièce.croisière

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