Arnaoutchot naturisme test dans les Landes

Arnaoutchot

Nous avions expérimenté le naturisme sur l’Île du Levant et même si la météo n’était pas au rendez-vous, nous avions apprécié la philosophie de vie liée au naturisme. Notre deuxième expérience a eu lieu en Corse, au RivaBella, superbe camping très bien équipé et dans un cadre superbe. Nous y avions approfondi notre connaissance et cette fois-ci, ce fut la tolérance envers les enfants et adolescents qui nous a plus marqué .Cette année, pour notre troisième (et non ultime) découverte, nous avons opté pour Arnaoutchot.

Pourquoi Arnaoutchot ?

Cet été, grâce au Covid19 et comme beaucoup de Français, nous sommes partis à l’exploration de notre pays et dans sa forme la plus réduite, la forme hexagonale. De Roscoff à Hendaye, j’ai vaillamment pédalé le long de la côte Atlantique. Quand l’heure du repos est arrivée, comment ne pas élire un lieu se trouvant dans les Landes, proche de la piste cyclable qui m’avait accompagnée depuis la Bretagne ?

Pourquoi le naturisme ?

Ok, besoin de se reposer, de recharger les batteries, de souffler ? Mais pourquoi ce besoin de se mettre à nu ? Beaucoup de pratiquants vous le diront, un peu comme dans une ancienne publicité pour je ne sais plus quel produit : l’essayer, c’est l’adopter !

Imaginez un instant : il fait beau, il fait chaud, voire très chaud. Vous vous réveillez tranquillement avec tout juste le pépiement des oiseaux et les petits cris d’un écureuil. Vous repoussez le drap qui vous a couvert pendant votre sommeil. Et au lieu de tendre la main automatiquement vers vos vêtements du jour, vous vous levez du pas du juste et vous préparez votre petit déjeuner. Économies de geste, économies de lessive, et plaisir de sentir dès potron-minet le vent et le soleil sur sa peau. Vous commencez à comprendre ? Je développerai un peu plus tard pour les timides et complexés.

Quelques mots sur Arnaoutchot

Imaginez un vaste terrain de 45 hectares dans les Landes avec accès direct et privatif à l’océan et plusieurs kilomètres de plage réservée. Pas mal non ? Ajoutez-y  3 piscines, couvertes et découvertes, des clubs enfants et ado, des animations journalières comme yoga, théâtre, surf, tir à l’arc, peinture aborigène, etc. Un centre de thalasso pour prendre soin de soi, c’est bien mais c’est encore mieux avec un spa, un sauna, un hammam et des bains bouillonnants. S’y ajoute un jardin spécialement élaboré pour la détente avec solarium et tisanerie. On y trouve également un coiffeur, un ostéopathe, une infirmerie et la possibilité de consulter un médecin. Sans oublier les indispensables restaurants, épicerie, boulangerie pour les nécessités de bouche. J’ai failli oublier les locations de vélo classiques et électriques. Honte à moi !

Vous pouvez y résider quel que soit votre mode ou style d’hébergement : emplacement pour tentes, caravanes, camping-car, location de tentes toute équipées, de mobil-homes, de chalets, voire même de cabanes dans les arbres. Difficile de trouver mieux.

Le camping est ouvert de mi-avril à mi-octobre. Il est même possible de venir durant toute la saison en achetant son mobile-home et en payant son emplacement à l’année.

Nous avons fait peu de photos pour respecter la tranquillité, la bienveillance et  par discrétion.

Notre expérience à Arnaoutchot

Nous avons logé dans un mobil-home bien équipé avec sa terrasse etses chaises longues. J’ai juste regretté ne pas avoir emmené mon hamac que j’aurai facilement pu installer là.  Bien que je ne sois pas une grande cuisinière (et encore moins depuis que mes enfants sont adultes), si j’avais voulu cuisiner, le matériel mis à disposition était amplement suffisant.

Se rendre sur la plage nous prenait 15 mn à pied, en marchant doucement. Quel besoin aurions-nous eu de courir ? La plage est immense et surveillée. Plutôt rassurant pour les familles avec enfants. Le long de l’accès à la plage, les personnes déposent leurs chaussures, que ce soit de simples tongs ou des chaussures de marque.

Nous avons suivi le parcours de santé, prétexte à une découverte du terrain et différents points de vue sur le camping, sur les dunes, la forêt…

Nous avons loué deux vélos pour nous rendre (habillés) à la ville suivante. Nous avons reçu deux massages dans l’espace thalasso. Nous avons mangé dans différents restaurants le soir. Nous avons fait la sieste à l’ombre, nous avons lu, nous sommes allés admirer les couchers de soleil, nous avons échangé avec d’autres résidents, nous avons nagé dans l’océan et dans la piscine, nous avons dansé pendant les soirées…

Et surtout, nous avons ressenti notre corps, les sensations que l’on étouffe toute l’année sous les couches de vêtements. La chaleur, le froid, le vent. Notre corps devient un laboratoire de sensations nouvelles, quasi-inédites, presque oubliées depuis l’enfance.

Car la nudité est naturelle. Qui n’a pas souri en voyant de jeunes enfants courir nus et refuser les vêtements ? Les règles sociales nous apprennent à nous couvrir, nous apprennent à avoir honte de la nudité puis de notre corps, pas assez ceci, trop cela, jamais suffisamment conforme aux diktats du moment.

A Arnaoutchot comme dans les autres lieux naturistes que nous avons testés, il n’y a pas de contrainte vestimentaire à part celles liées à l’hygiène. Les courses dans les magasins se font vêtues au moins d’un masque. Pour les restaurants, masque et une serviette ou paréos ont demandés. Les enfants et les adolescents sont nus ou habillés, à leur convenance. Pareil pour les adultes. Seuls lieux obligatoirement naturistes : la plage et les piscines.

Et avec le COVID 19 ?  

Je l’avoue, c’était une de mes grandes interrogations cette année. J’ai entendu tant de personnes stressées, vu tant de pathologies anxieuses se développer que je me demandais

  1. Si les centres naturistes allaient pouvoir faire une saison correcte
  2. Et comment ils géraient les risques de contaminations.

En fait, les réponses à ces deux questions ont été assez simples.

  1. L’été 2020 aura été, malgré un départ tardif dû au confinement doublé des’annonces gouvernementales toujours de dernière minute et parfois mal comprises par les aditeurs une bonne année. Dès que l’annonce du confinement a été levé, les demandes de réservations ont afflué et la crainte d’une année blanche vite effacée. Les habitués, c’est-à-dire les personnes ayant séjourné au moins une fois dans les 5 ans passés représentent la moitié de la clientèle et les nouveaux l’autre moitié. Un peu plus de Français que d’étrangers cette année ont vécu l’expérience naturiste à Arnaoutchot. En discutant avec d’autres résidents, je me suis rendue compte que beaucoup alternent avec d’autres campings de la chaine France 4 naturisme. Tous m’ont dit qu’une fois qu’on avait goûté au naturisme, il était difficile de faire machine arrière et d’envisager des vacances textiles.
  2. Et le COVID 19 alors ? Comme dans d’autres lieux accueillant du public, les règles sanitaires sont respectées et appliqués à la lettre. Les tables de restaurant sont désinfectées entre chaque client ainsi que leurs sièges. Le gel hydro alcoolique est présent à l’entrée des restaurants et des commerces et le masque est obligatoire lors de vos déplacements dans ces zones de plus grande densité. En fait, c’est comme partout. Vous ne risquez pas plus d’être contaminé en centre naturiste qu’en camping textile et beaucoup moins que les enfants dans les établissements scolaires de toute façon.

Et les complexés alors ?

J’en avais parlé dans cet article. Le rapport au corps dans une société d’essence catholique n’est pas des plus favorables et dénué de culpabilité. Les Britanniques ne disent-ils pas que les catholiques ont inventé le péché de chair, ce qui le rend savoureux puisque interdit ? Dans l’enfance, on nous apprend la pudeur et ceci vise plus particulièrement les femmes, grandes pécheresses devant l’Éternel. « Cachez ce sein que je ne saurai voir ».

Et en même temps, journaux, magazines, télé et internet nous montrent des créatures quasi-irréelles auxquelles nous sommes censées ressembler : jeunes, voire très jeunes, minces mais musclées, jolies, mais naturelles, un corps sans marque ni du temps ni des accidents de la vie. Un corps qui n’existe pas.

Facile à dire. Nous avons si bien intégré malgré nous ces commandements que peu de femmes sont satisfaites de leur apparence. Alors, se mettre nue, s’exposer aux regards d’autrui, prendre le risque de se dévoiler avec ses imperfections…

Pour votre premier séjour naturiste, vous allez sans doute plus regarder les autres que vous allez être regardée. Si j’ai attiré les regards cette année, c’est grâce à mon bronzage très particulier gagné en pédalant avec mon short spécial cycliste : très bronzé des chevilles jusqu’aux dessus des genoux puis blanc puis très bronzé de nouveau visage et bras. Qui sait, peut-être vais-je lancer une mode originale ?

Nous, nous ne sommes pas uniques. Il y a aura toujours plus jeune, plus âgé, plus beau, moins séduisant, plus ridé, moins musclé, plus maigre… mais aussi plus intelligent, moins borné, moins libre, plus compliquée… Autant de combinaisons qu’il existe d’êtres humains. Vivre nus, c’est apprendre l’humilité, s’affranchir des attributs de la société, n’exister que par nous-mêmes, sans fards. Nous portons sur nous notre statut social à travers nos vêtements. Plus ici.

Et rapidement, vous ferez comme les autres, vous ne regarderez plus les corps. Vous vous intéresserez aux êtres, plus à leur apparence. Sacré progrès, non ?

Conclusion provisoire

Alors vous venez ? Je vous attends.

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