Monaco par son casino ou de Cro-Magnon au Prince Albert II

Ah, Monaco, son histoire et son casino  ! Loin de moi l’idée de comparer Cro-Magnon à son illustre descendant mais je vais vous narrer l’incroyable épopée de ce Rocher devenu si célèbre de nos jours.

Monaco et son casino ou de Cromagnon à nos joursCasino de Monaco

Dans un article précédent, je vous ai expliqué où vous loger, vous abreuver et vous nourrir. Dans le suivant, je vous ai suggéré quoi visiter. Avant celui recelant des anecdotes insolites et peu connues, j’aimerais vous faire découvrir la riche histoire de ce territoire. Et bien sûr, le Casino aura une place importante dans cet article. Vous découvrirez vite pourquoi.

Ne craignez rien, je vais tenter de ne pas vous ennuyer tout en vous informant. A vous de me dire en fin d’article si le pari est réussi.

A l’origine

Cette région de bord de mer a sans doute servi d’abri aux premiers hommes il y a environ 300 000 ans. La présence humaine est attestée à partir de -50 000 ans. Des ossements d’animaux ayant servi de nourriture aux humains ont d’ailleurs été trouvés dans des grottes en dessous du Palais que vous pouvez voir en vous promenant dans le jardine exotique. Pour l’instant pas exploitées, elles laissent toutefois libre cours à mon imagination débordante. Jouaient-ils aux osselets en pariant sur le futur ? Je ne saurai jamais.

De l’antiquité à la révolution française

Sous domination romaine jusqu’à l’effondrement de cet empire, le lieu sera visité et ravagé fréquemment par différentes tribus barbares. Les premiers habitants officiels et référencés, les Ligures, s’enfoncent dans l’arrière-pays pour tenter d’échapper aux razzias.

C’est en 1191 avec la construction d’une forteresse sur le Rocher que débute l’histoire moderne de ce territoire. Sa position géostratégique est appréciée pour contrôler les ennemis.

En 1297, selon la légende, le jeune Grimaldi se déguise en moine et demande asile, ce qui lui est accordé. Il en profite pour ouvrir la forteresse à ses compagnons et dégommer  les Génois. De cet épisode nait la dynastie des Grimaldi. Et après, on se demande pourquoi on se méfie des inconnus la nuit tombée qui frappent à notre porte…

Après moult péripéties familiales et guerrières mêlant politique, coups bas, trahisons et reconquête, le Rocher retourne à l’alliance française par le traité de Péronne négocié par Richelieu.

Pendant la Révolution Française, il est rattaché au département des Alpes Maritimes. Enfin en 1861 un traité franco-monégasque assure sa souveraineté et le rétablit en tant qu’État.

En 1847, la principauté de Monaco occupait une superficie totale de 24 km2 jusqu’à la frontière italienne et comprenait trois communes : Monaco, Roquebrune  et Menton.

Le prince Florestan 1er eut la bonne idée de taxer le commerce des agrumes en 1848. Cette idée déplut souverainement. Après quelques insurrections,  Menton et Roquebrune proclamèrent la déchéance des Grimaldi et se déclarèrent « villes libres » sous la protection du royaume de Sardaigne puis demandèrent leur rattachement définitif à la France en 1890. Et la superficie de la principauté se réduisit comme peau de chagrin en passant de 24 km2 à… 2 km2

De 1848 à nos jours

Nous arrivons à la partie la plus amusante de l’histoire. Ne plus pouvoir taxer les agrumes d’accord mais comment faire rentrer des deniers dans les caisses de l’Etat ? Les habitants n’apprécient pas particulièrement les impôts et ses augmentations successives. Le successeur du malheureux Florestan 1er eut l’idée d’autoriser la création de maison de jeux sur le territoire, interdits en France et en Italie. La première tentative fut un flop par manque de clients.

François Blanc

L’homme providentiel. Après l’échec du premier casino et sur le conseil de sa mère (on n’écoute jamais trop sa maman), le prince régnant fait appel à lui.  François Blanc a fait fortune en transformant la ville thermale allemande de Hombourg en capitale européenne du jeu. A Monaco, l’idée est de combiner casino, hôtellerie de luxe et villégiature maritime. François Blanc repense toute l’infrastructure, que ce soit pour faciliter l’accès à la principauté avec la création de la route littorale, du chemin de fer reliant Paris à menton et des bateaux vapeurs venant de Nice et de Gènes, que la réalisation d’hôtels, de restaurants et autres services indispensables à la venue de la bonne société de l’époque. Et tout ceci en face du Rocher historique, sur la colline lui faisant face. Auparavant, pour venir de Nice, il n’y a que deux possibilités. La première: effectuer entre deux et quatre heures de traversée sur un bateau qui n’assure qu’une liaison par jour. La seconde consiste à se rendre jusqu’à La Turbie en voiture à cheval, puis à descendre un chemin escarpé à dos d’âne. Seuls les très motivés parvenaient à Monaco…

Grâce à ses talents et à ses importants capitaux, François Blanc réussit en très peu de temps là où ses prédécesseurs se sont ruinés. En à peine trois ans, la luxueuse vogue est acquise ; Les Spélugues, ancien quartier populaire laisse la place à un nouveau quartier bâti de toutes pièces voué à la villégiature et au luxe, avec ses fastueux immeubles et villas. Quartier que Charles III ne tarde pas à rebaptiser en son propre honneur en 1866 sous le nom de « Monte-Carlo » (« Mont Charles » en italien).

La réussite entraine ce qui attire aussi à Monaco, l’absence d’impôts sur le revenu.

Le Casino subit des transformations successives. Par chance, les améliorations précédentes sont conservées. Charles Garnier et Jules Touzet s’y collent avec bonheur.

Alors, le Casino

L’imposant bâtiment de style baroque comprend un atrium entouré de 28 colonnes en onyx, un théâtre à l’italienne dans la Salle Garnier et quatre salles de jeux ornées de peintures bucoliques, de tapisseries, de lustres et de dorures. Il possède également une terrasse qui offre une vue panoramique sur la méditerranée jusqu’à la pointe italienne de Bordighera. On peut y jouer à la roulette, au black jack, au punto banco ou encore aux machines à sous.

Le décor est digne d’un palais, tentures et dorures, fresques, sculptures et bas reliefs, on en a plein les yeux. L’atrium est un chef-d’œuvre baroque en marbre et en or entouré de colonnes en onyx. Les salles de jeux sont ornées de vitraux et de peintures allégoriques. Le casino est entouré de magnifiques jardins et d’une immense terrasse de laquelle on a un panorama inoubliable, le regard porte jusqu’à la pointe italienne.

Tous les salons de jeux ne sont pas accessibles à tous. Dans certains, seuls les très gros joueurs et/ou les VIP peuvent dépenser leur fortune. pourtant, le plus rentable pour le Casino reste les machines à sous.

Allez, quelques anecdotes sur le casino

  • Le casino a servi de cadre pour deux films de James Bond, « Jamais, plus jamais » et « Golden Eye ».

 

  • Une seule colonne de l’atrium est en vrai marbre. Pour savoir laquelle, touchez-les. Il parait que la différence se ressent dans la température de la colonne.

 

  • Le restaurant du Salon Rose présente une vue mer.

 

  • Au début du Casino, la présence des femmes était interdite. Pas décence ou pour éviter qu’elles perturbent la concentration des joueurs ?

 

  • Un chat noir, sculpture de Botéro a été installé devant le Casino qui a connu une baisse de fréquentation. En effet, les joueurs refusaient de passer devant un chat noir pour entrer au Casino. Superstition quand tu nous tiens.

 

  • Les messes locales étaient prisées. On y voyait de beaux messieurs s’installer en fond d’église et écouter avec intérêt le sermon. Pourquoi ? Pour noter les numéros des prêches pour les jouer au casino à la roulette.

 

  • Contrairement à beaucoup d’autres casinos, des horloges sont visibles dans chaque salle. Pourquoi ? Pour que les joueurs ne ratent pas le départ du train.

 

  • Lord Winston Churchill était un joueur acharné. Un soir de janvier 1939, l’homme politique britannique perd une grosse somme à la table de jeu. Il promet toutefois de revenir rapidement. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le propulse au poste de Premier ministre et l’empêche d’honorer sa promesse. En octobre 1945, le “vieux lion”, encore auréolé de la victoire alliée, est de retour au casino. Il lance aux croupiers: “Messieurs, reprenons la partie là où nous l’avions laissée !” Ce soir-là, il perd 1,3 million de francs. Mais, le directeur du casino n’encaisse pas le chèque, pieusement conservé jusqu’à aujourd’hui.

 

  • Le Roi Farouk, tricheur pathologique, aurait été vaincu par une vieille dame. Annonçant 4 rois, elle n’en présente que 3. A la remarque du Roi Farouk, elle ajoute : vous êtes le quatrième.

 

  • Saviez-vous que si  vous êtes un gros joueur malchanceux et que vous perdiez toute votre fortune au casino, celui-ci vous versera une allocation jusqu’à la fin de vos jours. La Belle Otéro, courtisane de la Belle Époque a d’ailleurs fini ses jours dans un appartement payé par le Casino.

Grand prix de Monaco

Comment ne pas évoquer cet évènement à la fois sportif et mondain ? C’est en 1929, le 14 avril à 13h30, sous la Présidence d’Honneur de S.A.S. le Prince Louis II que le Grand Prix de Monaco a vu le jour pour la première fois. 16 concurrents partent pour 100 tours du circuit avec une vitesse moyenne horaire de 80 km/h.

De nos jours, le circuit initial a été un peu modifié et mesure 3k300m. 78 tours sont nécessaires pour franchir l’arrivée.

Quelques anecdotes peu connues

  • Le plus grand carambolage : en 1950 dès le premier tour de la course, l’Italien Farina  part à la faute à la sortie d’un virage et provoque ce qui reste encore aujourd’hui l’un des plus gros carambolages de l’histoire de la F1, dix pilotes devant abandonner.
  • Ce circuit comprend le virage le plus lent de la F1: entre 45 à 50kms maximum !
  • En 1966, seuls 4 pilotes ont terminé cette course.
  • En 2005, les mécaniciens de Red Bull étaient déguisés en stormtroopers de Star Wars et en 2006 David Coulthard était “podiumisé” avec la cape de Superman.
  • La course est la plus lente de la saison, avec une vitesse moyenne inférieure à 160 km/h. C’est dans le tunnel que les pilotes restent le plus longtemps le pied au plancher, durant environ 7,5 secondes, pour débouler à près de 300 km/h dans le port. Le tracé comporte 19 virages, pendant lesquels les flancs des pneus frôlent les rails de sécurité.
  • En moyenne, les pilotes changent 48 fois de rapports de boîte par tour. Soit une fois tous les 70 mètres. Pour parcourir l’intégralité des 260 kilomètres de course, soit 78 tours, cela représente 3744 changements de vitesse !

De nos jours

Le casino bien que toujours très important dans l’image de Monaco n’apporte plus que 2% des ressources financières à l’Etat. Le reste réside dans les banques, les sociétés  d’assurances et le tourisme. 130 nationalités travaillent sur la Principauté.

8500 monégasques vivent dans la Principauté. Pour vivre à Monaco sans être monégasque, il faut posséder sa carte de séjour avec deux catégories de citoyens : citoyen privilégié ou PR  qui concerne toute personne née ou habitant Monaco 5 années minimum avant le décret de 1963 et citoyen ordinaire ou OR pour ceux nés après sur le sol monégasque.

Vous vous rêvez monégasque ? Contrairement à ce qui est souvent lu dans les médias, le droit du sol n’existe pas. Vous pourrez le devenir si vous parents ont la nationalité monégasque, si vous épousez un citoyen monégasque (après 10 ans de mariage) ou sur ordonnance princière qui ne se justifie pas.

Je cite Mr J.M FERRIE de l’association Monaco Rando :

“On parle de population monégasque, de résidents privilégiés et de résidents temporaires ou ordinaires. Sont résidents privilégiés toute personne habitant Monaco avant 1958. Les résidents ordinaires sont tous les citoyens arrivés après cette date, ou nés de parents non monégasques.”

Plus d’infos

Pour ce qui est de ne plus payer d’impôts, vous pouvez devenir résident fiscal… sauf si vous êtes français. Pas de chance ! Vous continuerez à verser votre obole à Bercy.

 

Conclusion provisoire

Alors, en connaissez-vous plus sur Monaco ? Je sais, cet article est concis mais j’ai mis dans l’article les liens pour en savoir plus.

Avez-vous relevé des erreurs ? Quels points auriez-vous aimé voir plus développés ?

Je remercie encore JM Ferrié pour son professionnalisme, sa gentillesse et ses infinies connaissances. Si vous passez par Monaco, contactez-le pour une visite inoubliable.

Merci également à l’office du tourisme monégasque et à tous les facilitateurs de ce voyage comme Columbus Hôtel.

 

 

2 comments

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :