JE SUIS EN COLÈRE

Oui, je suis en colère ! Et cette colère ne me quitte pas. Alors que j’ai délaissé mon blog depuis des mois, par flemme, par manque d’inspiration puis par manque de temps en voyage, voilà que ma colère me force à reprendre le chemin de mon clavier pour partager avec vous cette colère qui n’en finit plus de grandir.

Pourquoi ?

Ce virus dont tout le monde parle, moi y compris, les informations anxiogènes (le sont-elles réellement par rapport à la réalité ?), le décompte de nombre de morts quotidiens, oui, il en fait partie mais pourrais-je dire, ce n’est qu’un déclencheur, pas la cause.

Parce que j’ai honte d’être française, d’être de ce pays où les hôpitaux sont obligés de mendier en ligne pour obtenir de quoi soigner les patients, où même le minimum requis pour le faire (masques, gants, etc) n’est pas disponible.

On a traité le soin et les hôpitaux comme des industries. Il fallait être rentable, renvoyer les gens très vite chez eux pour remplir à nouveau des lits et faire du fric. L’expression est moche et reflète la réalité. Certains diraient que l’Etat fait des économies sur le dos d’un système humanitaire élémentaire.

Les restos du cœur censés être provisoires ont plus de 30 ans. L’appel aux dons pour le fonctionnement de l’hôpital est-il lui aussi destiné à perdurer ?

J’ai toujours clamé que nous avions de la chance, que notre système de santé était dans les meilleurs, voire le meilleur. Nos impôts étaient très élevés ? peut-être mais c’était le prix pour conserver cette médecine de qualité. Comment pourrais-je le croire encore avec les cagnottes Letchi en ligne, les demandes de personnel dans le milieu hospitalier ?

Vous ne me croyez pas ? Quand je suis née, la durée d’hospitalisation pour les mères étaient de 15 jours. Quand ma fille est née, elle était d’une semaine. Quand mon fils est né, elle s’était réduite à 5 jours. Quand ma petite fille est née, on était passé à 3 jours.

Il y a longtemps que le personnel soignant manifeste pour pouvoir travailler dans des conditions décentes pour le BIEN DES PATIENTS ! Les dernières manifestations se sont soldées comme toutes les manifestations actuelles par une violente répression. Vous voulez soigner ? Pan dans la gueule . Vous voulez éteindre les incendies ? Pan dans la gueule…

Le Président parle de guerre. « Le personnel soignant mène une guerre »

Fort bien. C’est très bien trouvé. Car on ne réfléchit pas en temps de guerre. On exécute les ordres et on part au combat, la fleur au fusil. Le personnel soignant sur le terrain risque sa peau et celle de ses proches et ironiquement surtout celles des patients mal en point en ces temps de pandémie. Et non, ce n’est pas au sens figuré.

Imaginez, c’est la guerre. Vous allez risquer votre vie avec un cure dents contre les chars en face. Si vous désirez obtenir au moins un couteau à beurre, il vous faudra demander à la charité publique.

Ah mais, vous êtes soignant, c’est votre devoir. Elle est où la clause qui indique : être infirmier, aide-soignant, radiologue, etc. n’est pas un métier mais un sacerdoce, une vocation ? Elle a bon dos la vocation pour obliger des soignants à risquer leur vie à chaque minute. Certains y ont laissé leur peau, bien avant le virus, dans tous les services et sans être ébruité bien sûr. Et que dire de la culpabilisation rampante pour les anciens soignants, soit parce qu’ils sont en retraite, soit parce qu’ils ont changé de profession qui ne souhaitent pas retourner en ligne de front ?

Actuellement, le manque de matériel, de personnel, de tout en fait, est plus flagrant. Et qu’obtiennent ces soignants au péril de leurs vies ? Du matériel, de meilleures conditions de travail, soyons fous, une revalorisation professionnelle ? Que nenni. On les applaudit gentiment à 20 h puis on ferme la fenêtre. Après avoir applaudi, certains ont l’énergie d’écrire des mots doux à ces soignants, leur demandant d’aller vivre ailleurs pour ne pas les contaminer, quand d’autres auront vandalisé leur véhicule pour leur voler un éventuel masque.

Au vu des comportements dans les supermarchés, je me demande si ce n’est pas la connerie qui est contagieuse. Ceux qui se prennent pour des héros en ne respectant pas les règles de confinement et qu’on retrouvera bientôt encombrant les services de réanimation dans le meilleur des cas, après qu’ils aient bien gentiment transmis le virus à leur proches.

Conclusion très provisoire

J’aimerais que cette pandémie permette de changer les priorités, que les salaires soient enfin indexés sur l’utilité des professions, qu’un infirmier gagne plus qu’un banquier ou un footballeur, que le personnel soignant comprenne qu’il exerce une profession et non un sacerdoce. Et que la charité publique ne se substitue plus au rôle minimum de l’État.

Il est toujours possible de rêver…

8 comments

  • Je suis d’accord avec toi.
    On peut rêver à un renouveau par la suite …
    Bon dimanche

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  • Bonjour

    Je comprend ta colère mais ce n’est pas d’aujourd’hui, le système médical est pire quand Thailende toutefois c’est quand même mieux qu’aux Etats-Unis, j’espère qu’il y aura un après COVID 19 mais j’en doute car la mémoire humaine est de courte durée. Aujourd’hui je me pose la question sur notre projet de tour du monde en 5 ans face a COVID 19, partira, partira pas, je pense que oui mais il va y avoir des changements dans le monde du tourisme.

    Je vous souhaite un bon confinement et malgré tout ça faut rester ZEN, protégez vous et prenez soin de votre santé et de votre famille pour continuer de voyager

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    • Je n’ai pas dit qu’il s’agissait du pire système de santé au monde. Non, mais il a clairement dégringolé sur l’échelle des meilleurs systèmes de santé du monde.

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  • LEROY DUCARDONNOY

    Oh, comme je me retrouve dans ce que vous écrivez !
    Si votre colère pouvait être entendue. !
    Je vous imagine bouillonnante et impuissante devant votre clavier.
    Soyons prudents, vivons confinés pour mieux profiter après.

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    • Vous avez raison, le confinement est pour l’instant la meilleure chose à suivre. Ce qui me met en rage est le jeu de roulette russe instauré par le gouvernement avec nos soignants.

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  • C’est exactement ce que je pense, merci de l’avoir mis par écrit 🙂
    bises

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