Dumas et le chateau de Monte Cristo

Alexandre Dumas Père

Comme vous le savez peut-être, depuis peu j’appartiens au collectif “En France Aussi” qui a comme mission de montrer qu’en France aussi, se dissimulent des pépites qui ne demandent qu’à être découvertes ou révélées. Chaque mois, le thème change. Si le mois dernier je vous ai promené parmi les fresques du 13e arrondissement de Paris pour une balade sans voiture, ce mois ci je vous emmène à Port Marly à la découverte d’une maison d’artiste.


Quand on parle maison d’artiste, beaucoup imaginent Giverny et Monet, ou Cézanne et la montagne Ste Marguerite. Comme j’adore les livres et les voyages, j’ai décidé de vous faire visiter l’antre d’un monstre de la littérature et grand voyageur. J’ai nommé Alexandre Dumas.

Si le fils est connu pour son roman La Dame aux camélias écrit peu de temps après la mort de la courtisane Marie Duplessis qui le lui a inspiré, c’est au père, auteur prolifique que je vais m’intéresser aujourd’hui.

Alexandre Dumas Père en quelques lignes, résumé drastique.

Il a écrit plusieurs centaines de livres, fut décrié pour ses origines, collectionnait les maîtresses pour leur bien, disait-il « Sinon, ma femme serait morte en 8 jours ! ». Marié et divorcé une fois, père de deux enfants reconnus comme légitimes, on lui prête plus d’une centaine d’enfants illégitimes et un nombre quasi incalculable de maitresses. Intelligent, caustique volontiers, grand voyageur, curieux de la vie… les adjectifs ne manquent pas quand on parle d’Alexandre Dumas.

Mais encore…

Ce fut en son temps un véritable voyageur et même s’il n’est pas connu pour cela il aurait à ce titre toute sa place dans un blog de voyage. Cependant, c’est tout simplement pour sa demeure, modestement nommée « le château de Monte Cristo » que je l’évoque ici.

Après un séjour de 6 ans en Italie, son retour à Paris attire les inopportuns qui le dérange sans cesse dans son travail d’écriture. Son départ pour la villa Médicis à St Germain en Laye ne diminue pas les interruptions de travail et les visites de ses admirateurs. Il décide donc de se faire construire une habitation dont il dessine les plans. Il sait ce qu’il veut et le pauvre architecte choisi s’arrache les cheveux. Sur le terrain à flanc de coteaux qu’il vient d’acquérir sur la commune de Port Marly, Dumas veut un château style renaissance comme demeure principale et un autre édifice plus petit, nommé Le Château d’If comme cabinet de travail. Il demande que son antre de création soit entouré d’eau et accessible uniquement par pont-levis.

J’imagine le pauvre architecte, spécialisé en architecture médiévale. L’écrivain désigne avec précision où doivent se dresser les deux bâtisses pour bénéficier d’un ensoleillement maximum et de la vue sur l’une de ses muses, la Seine. La source à proximité sera détournée pour éviter l’inondation fréquente des sous-sols et la carrière d’où proviendront les pierres utilisées pour la construction est distante d’à peine 80 mètres. De plus le sol est par nature ici un véritable gruyère mais il en faudrait plus à Alexandre Dumas pour renoncer à ses projets. En trois ans, le jardin et les bâtisses se dresseront là où il l’a imaginé, tels qu’il les a imaginés. Des animaux vivent également en grand nombre dans la propriété de Dumas : 14 chiens, un chat mais également des perroquets, un vautour et des singes participent à l’animation du domaine.

Ensuite

Mais le rêve n’a qu’un temps. Même pour lui. En 1848, poursuivi par ses très nombreux créanciers, Dumas se résout à vendre sa propriété, ainsi que tout le mobilier et les nombreux objets choisis avec soin par lui.

La propriété passe alors de main en main jusqu’en 1969. Petit à petit, faute d’entretien, le château perd de son prestige : toitures éventrées, sculptures abîmées, parc à l’abandon. Il est même prévu la réalisation de 400 logements sur la propriété. Le château est menacé de destruction. Devant l’émotion soulevée par ce projet, les communes se réunissent pour sauver ce patrimoine unique aidé également par l’association la Société des amis d’Alexandre Dumas.

Et ma visite alors ?

Le Château de Monte Cristo se visite de février à novembre, que ce soit en visite libre, en visite guidée pour individuels et également en visite théâtralisée et musicale d’avril à octobre.

Vous vous en doutez, j’ai choisi la visite théâtralisée. Ce type de visite a lieu une fois par mois, le dernier dimanche de chaque mois à partir du mois d’avril.

Nous avons flâné dans le parc ; nous avons découvert les coins et recoins ; nous avons visité les grottes, les bassins, les points de vue, les cascades, la fontaine du dragon… C’est un régal de s’y promener. Le parc est d’une taille raisonnable, et chaque pas semble découvrir un joyau : une vue inattendue sur la maison, un recoin discret, une fontaine chantante.

Sur le seuil de la demeure se trouve l’architecte Hyppolite Durant qui nous raconte les aléas de la construction, émaillés d’anecdotes sur le maître des lieux, sa vie, ses œuvres et ses frasques. Puis une de ses comédiennes et maitresses explique l’homme qu’elle a connu, son évolution. Tout ceci dans le cadre voulu par l’auteur, dans le lieu dont il avait décidé de chaque détail.

Au dernier étage l’exposition « Dumas et les femmes » répond aux questions des curieux sur la vie sentimentale de ce personnage truculent. Il aimait vivre, que ce soit à table ou dans un lit. Et écrire bien sûr. Si vous voulez en savoir plus sur lui, je vous renvoie sur sa page Wikipédia.


L’intérieur

La pièce la plus réussie et la plus surprenante est le salon mauresque réalisée en deux ans par deux ouvriers tunisiens que l’auteur avait « emprunté » au Bey de Tunis lors d’un de ses voyages. Une œuvre d’exception admirablement intégré à la dominante renaissance de l’édifice.

Le château d’If

Cette demeure néo-gothique abrite le cabinet de travail de Dumas. Sur les façades on retrouve les noms de ses personnages. J’imagine le calme et la tranquillité dont il devait bénéficier pour écrire ses nombreux chef d’œuvres.

Conclusion provisoire

Je recommande cette visite, que ce soit aux amoureux de belles lettres qui s’intéressent à la vie de leurs auteurs préférés comme à ceux qui aiment les endroits chargés d’histoires, grandes et petites. Un lieu où, au-delà des illustrations qui ornent les livres de vos lectures, l’ambiance riante et gourmande de cette demeure, est la surprenante concrétisation par la volonté de l’auteur des silhouettes et des destins imaginées.

Pour y accéder, le plus simple est d’y aller en voiture.

Le plan d’accès est ici : https://www.chateau-monte-cristo.com/main/plan-acces/

Un parking gratuit est à disposition près du château. Cette visite n’est pas adaptée aux personnes à mobilité réduite.

Tarifs : 7 euros pour les visites libres, 8 euros pour les visites guidées et 10 euros pour les visites théâtralisées.

Il est possible de visiter seulement le parc pour la très modique somme de 3 euros.

Et vous, avez-vous déjà visité ce lieu ? Et qu’en avez-vous pensé ? Sinon, allez-vous l’inscrire sur vos tablettes ?


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