Kumano Kodo, le pélerinage sacré du Japon

Kumano Sanzan

Je vous avais laissé à Nara, au milieu des daims ou presque. J’ai repris la route, direction le sud de la péninsule (carte) pour rejoindre comme des centaines voire des milliers de pèlerins chaque année la région de Kumano Kodo et de Kumano Sanzan.

Généralités

Kumano Kodo est le nom du pèlerinage menant aux sanctuaires sacrés de Kumano tout comme en Europe on parle des différentes voies du pèlerinage de St Jacques de Compostelle avec certaines haltes plus valorisées que d’autres. D’ailleurs, le pèlerinage du Kumano Kodo est associé à celui de St Jacques de Compostelle en tant que patrimoine mondial. Un programme conjoint honore et partage les récits des personnes ayant réalisés ces deux pèlerinages. Il est recommandé d’emprunter à pied au moins une partie de ce chemin pour goûter l’essence de la région et surtout découvrir comme les pèlerins d’antan les sites remarquables qui le ponctuent. Et en plus, cachés dans la montagne, des onsens ponctuent le chemin. Oui, parfois ceux-ci se méritent. Un portage de bagages est possible, tout comme sur le chemin de St Jacques.

Kumano Sanzan

C’est le nom réservé pour les trois plus importants sanctuaires sacrés de la région de Kumano. On trouve :

Kumano Hayatama Taisha Grand shrine :

Il efface les péchés commis dans les vies passées.

Kumano Nachi Taisha Grand shrine avec le Nachisan Seiganti-ji temple :

Eux créent les connections avec la vie actuelle. Les pèlerins admireront, tout comme moi, ce sanctuaire après avoir, comme d’habitude puisque nous sommes au Japon, gravi une multitude de marches. Une particularité : on peut atteindre les temples soit par les anciennes marches faites de roches inégales ou par les nouvelles, régulières. Ou, comme moi, monter d’un côté et redescendre de l’autre. Il paraît même que les marches recouvertes de lichen et les cèdres de plus de 800 ans rendent le pèlerinage dans son état d’origine. On entendrait même la voix des nobles échangeant durant leur marche sacrée (pestant contre les marches, plutôt !)

Et puisque vous avez fait le trajet jusqu’ici, poussez jusqu’aux chutes d’eau Nachi. Réputées les plus hautes (133 m) et les plus larges (13 m) du Japon, elles n’égalent ni leurs consœurs américaines (sud et nord), ni celles des îles voisines de Nouvelle-Zélande ni même les françaises. Le bassin de réception est profond de 10 mn mais il faut débourser 300 yens pour le voir de plus près. J’ai donc décliné.

 Kumano Hongu Taisha Grand shrine :

Il apporte le salut pour les vies futures

Toute personne ayant réalisé ce pèlerinage atteindra la paix dans son passé, son présent et son avenir au sens bouddhiste. L’empereur aux temps jadis se devait de réaliser au moins une fois ce pèlerinage depuis Kyoto. Au vu de certains sentiers et de l’accoutrement impérial de Monsieur et Madame, j’ai quelques doutes. Il n’empêche que ces trois grands sanctuaires sont beaux à voir et comme je l’évoquai dans la balade des temples, ils se conquièrent après de hautes volées de marche.

Mais encore 

Il existe bien sûr d’autres temples sur le trajet à ne pas rater. Dans chaque recoin ou presque de cette région si importante aux yeux du shintoïsme, se cachent de petits temples. On y entre sur la pointe des pieds de peur de réveiller les dieux endormis. Le plus impressionnant à mes yeux a été Kamikura Shrine, là où les Dieux sont descendus du paradis. Non pas pour le temple en lui-même ou la vue depuis le sommet sur la ville industrielle à ses pieds (Singhu) mais pour ses marches. Je n’avais jamais vu de marches plus périlleuses que ce soit à la montée comme à la descente. A déconseiller à toute personne souffrant de vertiges, dont moi. Bref, là non plus, je ne vois pas l’Empereur et ses longues robes crapahuter dans ce lieu.

Aparté culturel :

J’ai remarqué un peu partout des bavoirs sur les statues. On dirait qu’elles vont passer à table ! Certains ont aussi des bonnets, voire des jouets à leurs pieds. J’ai donc cherché la signification de ce geste et la réponse est moins amusante que mon imagination me le laissait supposer. Ce sont souvent des parents qui ayant perdus un bébé font ces gestes de dévotion pour l’aider à s’extraire des limbes dans lesquels il a été envoyé. Et la couleur rouge est bénéfique au Japon. Parfois, ce sont aussi des parents reconnaissants pour la guérison de leur enfant qui vont venir habiller les statues. Ces statues sont aussi les protecteurs des voyageurs, important sur un lieu de pèlerinage.

En dehors des temples

Il n’y a pas que les temples dans la vie même si au Japon, ils sont monnaie courante. Mais j’ai visité d’autres endroits attirants ici :

Les gorges de Doryoko :

Elles se visitent en bateau rapide. Selon la saison et donc le niveau d’eau de la rivière, le point de départ diffère. Une navette gratuite emmène les futurs navigateurs sur le lieu de départ de la mini-croisière. Si elle débute gentiment, elle devient plus attirante, voire captivante quand les parois des falaises qui enserrent la rivière se rapprochent. Le toit du bateau coulisse pour une meilleure vue sur l’environnement. Certains rochers aux formes particulières ont des noms qui dénotent l’imaginaire de leur inventeur. L’eau présente une belle couleur émeraude. Mais je ne m’y baignerai pas, je crains sa fraicheur.

La pointe du bout du bout

Si vous avez la chance d’avoir une voiture, mettez le cap au sud comme je l’ai fait en suivant les petites routes. J’ai apprécié les villages de pécheurs inattendus, les énormes pierres debout. Leur légende : Bouddha les a érigées après un pari perdu contre un ange déchu. Les vagues puissantes évoquent immanquablement le drame du tsunami de 2011. Et parfois en bord de mer, voire un peu plus loin, on trouve l’indication du niveau du sol par rapport à la mer, pour savoir si on est (ou pas) en sécurité en cas de nouveau tsunami. J’ai poussé jusqu’au phare sur l’île microscopique reliée par un pont. Les nombreux points de vue qui émaillent le tour de l’ île valent le déplacement.

Déception

Si vous me suiviez dans mon défi 2019 et sinon qu’attendez-vous ? Courir ici est impossible. Bien que je sois en bord de mer, que de nombreuses rivières s’y jettent, il est impossible de trouver un endroit autre que le long des routes fort passantes. L’air est saturé des émanations des usines voisines et du passage des très nombreux véhicules. Bref, pour la senteur Bord de Mer, je repasserai.

Conclusion provisoire

C’était bien le sud comme disait la chanson mais je vous emmène la prochaine fois plus haut, plus près du ciel : dans un monastère !

Bonne lecture et bonne semaine.

 

 

 

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