Tatouage : ses origines, où, pourquoi et comment ?

des origines à aujourd'hui

 Tatouages : ses origines

Voyager, c’est sortir de chez soi, pour quelques jours, quelques mois ou plus. C’est quitter sa zone d’habitudes, de confort. Voyager, c’est pour certains prendre un livre, s’évader grâce à leur lecture, récit de voyage ou d’aventures. Voyager, ce sera rêver à travers les documentaires télévisés. Tout parait plus proche sous l’œil de la caméra d’un professionnel et l’espace de quelques heures, nous voilà transportés ailleurs, grâce à Nans et Mouts ou Mélusine Mallender.

Pour d’autres encore, ce sera marquer sa chair de manière définitive.

“Aucune société aborigène, qu’elle vive au Nord des régions arctiques ou au Sud en Nouvelle-Zélande n’est étrangère à la pratique du tatouage” disait Charles Darwin.

Le tatouage a le vent en poupe. Sont consacré à cet art de nombreuses émissions de télévision, des documentaires, des revues spécialisées, des sites web et j’en passe. Il existe tant de sortes de tatouages qu’il semble difficile même de définir des points communs entre eux. Quelles sont leurs origines ? Quant à leurs significations ?

Peut-on considérer comme tatouage la coloration rougeâtre des dents obtenue par la mastication des noix de bétel ? Selon les critères de beauté locaux, cette coloration accentuait la beauté du visage, les dents blanches étant réservées aux chiens. Modification corporelle volontaire donc. Tatouage pour autant ?

Alors, qu’est-ce qu’un tatouage ?

C’est une marque indélébile réalisée en introduisant un pigment sous la peau et ce de manière volontaire.

Depuis quand existe-t-il ?

Depuis les débuts de l’humanité, l’Homme éprouve le besoin de modifier son apparence et de marquer à travers sa chair sa différence ou son appartenance.

Nombreuses sont les spéculations sur ses origines. Certains chercheurs imaginent que les scarifications volontaires l’ont précédé. Les blessures étaient enduites de sève végétale pour éviter une hémorragie, pour amplifier la réaction de l’épiderme ou pour une meilleure cicatrisation. Cette sève provoquait une coloration de la cicatrice. Beaucoup de chercheurs pensent que les origines du tatouage seraient accidentelles.

Si les cicatrices peuvent êtres involontaires, leur pigmentation relève de l’acte volontaire et créatif. Dans de nombreuses tribus, les guerriers frottaient de la terre sur leurs blessures pour les rendre plus visibles et ainsi, exhiber leur courage et leur bravoure.

Les plus anciennes traces de tatouage figuratif connues à ce jour ont été trouvées près du détroit de Béring, passage obligé des asiatiques allant en Amérique.

  • Otzi, dit “Homme de glace” vivait en Europe il y a environ  5 300 ans. Il a été découvert par hasard par deux alpinistes allemands dans les Alpes italiennes. Son corps parfaitement momifié de manière naturelle a intrigué les spécialistes et continuent à le faire. Les chercheurs en sont réduits à des supputations quant à son rang social, les raisons de sa mort et son état de parfaite momification. De quoi donner des idées aux adeptes de la cryogénisation post-mortem.
    Les  tatouages d’Otzi (57 petits groupes de traits parallèles ou deux marques disposés en croix sur les lombaires, les genoux et des chevilles, réalisés par incision et insertion de poudre de charbon de bois) semblent en relation avec des lésions d’arthrose, confirmées par radiographies. Otzi est donc l’humain tatoué le plus ancien recensé à ce jour.
  • Les premiers tatouages figuratifs  ont étés retrouvés dans la Vallée de Pazyryk, en  Sibérie. Ces tatouages, présents sur plusieurs momies, datent de l’Age de fer. Ils représentent des animaux réels ou imaginaires. Les tatouages présents sur les momies de Pazyryk étaient réservés aux  chefs et aux nobles.

  • Certaines sources affirment que les Indiens d’Amérique se tatouaient déjà il y a plus de 4000 ans. Les tatouages réalisés symbolisaient la tribu, les exploits de guerre et de chasse,  le rang de la personne tatouée dans la société et sa bravoure. Les prêtres les exécutaient lors de la Danse du Soleil.
  • Avant la découverte du corps d’Otzi, il était admis que le premier tatouage se situait en Egypte sur le corps d’une momie de 2200 av. J.-C., corps entièrement tatoué de motifs décoratifs, dans un but sacré et religieux.
  • Dans l’Antiquité, Les Romains utilisaient le tatouage pour marquer les soldats de la légion Romaine. Le motif dessiné représentait un aigle et le nom du général.
  • En Océanie, que ce soit en Nouvelle-Zélande, en Australie ou en Nouvelle Calédonie, les tatouages en couleurs se développèrent. On pensait qu’ils offraient une protection contre la malchance ou la maladie. Ils servaient aussi à identifier le statut ou le rang, ou l’appartenance à un groupe. Leur utilisation la plus courante était une décoration, un  embellissement du corps.

Quelles étaient ses principales significations ?

  • A travers toutes les époques et en tous lieux, le tatouage rendait évident la hiérarchisation des individus. Dans les pays pratiquant l’esclavage, les tatouages servaient à différencier le maître et l’asservi, celui-ci portant dans sa chair le nom de son propriétaire.
  • Dans différentes régions du globe, le tatouage lors de ses lointaines origines avait une valeur négative : du marquage des esclaves comme ci-dessus à la punition des voleurs, des filles de joie ou des criminels. Au Japon, par exemple, un délinquant récidiviste pouvait avoir le visage entièrement tatoué. Difficile de dissimuler son rang social. De leur côté, les Chinois voyaient en cette technique indélébile un acte de barbare. Ils l’utilisèrent comme punition infligée aux délinquants pour les démarquer de la société. Les symboles simples étaient tatoués sur les parties les plus visibles, pour être immédiatement repérés par un membre de la communauté. Le tatouage pointait l’individu comme élément inacceptable.
  • Interdit par l’Islam (selon le Coran, rien ne doit modifier la création de Dieu sous peine d’être un “allié” de Satan) et par la Bible (toute marque corporelle est considérée comme un lien avec le Démon), sa pratique s’amenuisera pendant des siècles en Europe et en Afrique du Nord.
  • En Afrique Noire, le tatouage était tribal et effectué par scarifications. Il permettait d’affirmer son statut d’homme libre, les esclaves n’ayant pas le droit d’être tatoués et il permettait aussi d’échapper aux marchands d’esclaves, une personne tatouée perdant de sa valeur d’échange. De plus, tatouage et scarifications équivalaient à des rites d’initiation comme le passage d’un état à un autre, celui de la puberté ou du mariage. La douleur ressentie lors des séances de tatouages est censée fortifier l’âme et  augmenter les forces vitales de la personne tatouée.
  • Pour les Hawaïens, le deuil était l’occasion d’un tatouage de points et de traits sur la langue.
  • En Océanie,la pratique du tatouage dans les cultures des peuples premiers avait pour but de renforcer la fécondité et les liens avec le surnaturel et le sacré.

Comment les tatoueurs pratiquaient-ils ?

Les techniques ont peu évolué au cours des siècles. Cette méthode de décoration de la peau est donc une insertion de substances colorées sous la surface. La peau est perforée avec un instrument pointu, aiguille faite de matériaux divers (os, ivoires, dents, métaux, aciers) entraînant les pigments sous l’épiderme. Tout le problème reste  de ne pas dépasser l’épiderme afin de ne pas perforer le derme, pour éviter une diffusion du pigment. Le pigment s’enkyste alors entre l’épiderme et le derme.

Quelques techniques :

  • Les Inuits passaient sous la peau une aiguille suivie d’un fil enduit de noir de fumée brodant ainsi le motif désiré.
  • Les Thaïs et Cambodgiens procédaient par grattage à l’aide d’un instrument muni de pointes effilées.
  • En Extrême-Orient et dans le Pacifique, on utilisait une sorte de petit râteau dont les dents étaient constituées d’aiguilles ou de pointes d’os. Ce râteau était tenu d’une main par le tatoueur et frappé de l’autre par un maillet.
  • Les Japonais utilisaient des séries de baguettes dont le bout était doté de faisceau d’aiguilles.
  • Au Maghreb, le tatouage était pratiqué avec une tige d’acier de section carrée aiguisée en biseau à une extrémité et qui scarifie plus qu’elle ne pique. Dès que le sang se montrait, le tatoueur faisait pénétrer les colorants dans la plaie.
  • Les pigments utilisés jadis, provenaient du noir de fumée, de coque de noix brûlées, de résines , de cendres ou bien de substances organiques, animales ou végétales mélangées à de l’alcool, de l’eau ou des sucs végétaux.

Et quelle a été son évolution ?

Un tatouage reste une marque indélébile qui vous accompagne à vie. A l’exception des sociétés primitives, il est devenu au fil des siècles l’apanage des “mauvais garçons”. Cette association venait du marquage au fer rouge pour les déserteurs,  les prostituées et les soldats rebelles. Par provocation contre les autorités, beaucoup se faisaient tatouer par un ami habile en dessin ou par un tatoueur ambulant.  Les marins, les prostitués et les criminels sont devenus les clients volontaires des tatoueurs, comme pour affirmer un style de vie “choisi” et non imposé. Les motards, vécus comme “mauvais garçons”, ont intégré le tatouage comme composante importante de leur style marginal et révolté.

 Un Christ dans le dos évitait aux marins la flagellation sachant qu’aucun capitaine de vaisseau n’aurait oser fouetter l’image de Dieu.

Puis le tatouage est devenu un signe de reconnaissance entre gangs comme les Yakusas au Japon, les Maras d’Amérique Centrale ou les Vory V Kazone russes. Tous portent des tatouages particuliers indiquant leur rang.

Les Yakuzas représentent la mafia la plus importante du Japon. Le nouveau membre a pour obligation de se faire tatouer. La raison ? prouver son courage et assumer son appartenance à ce groupe. Les tatouages des Yakusa sont réputés pour être d’une grande richesse artistique, véritables œuvres d’art pouvant recouvrir le corps dans son intégralité. Beaucoup de bains publics japonais interdisent l’entrée aux personnes tatouées de crainte que ce ne soient des Yakuzas.

Originalité

Au Japon a été mis au point un tatouage original, le “tatouage négatif”. C’est un tatouage à la poudre de riz, visible à certaines occasions : excitation, bain chaud, sous l’emprise de l’alcool… Le tatouage se teinte alors en rouge.

Les japonais le nomment “kakushibori” qui signifie “tatouage caché”.

 

De nos jours,

Depuis une bonne dizaine d’années, le tatouage s’est démocratisé avec les artistes postant sur le net leurs tatouages comme Rihanna, M. Pokora et avec des émissions à succès ave venue d’Outre-Atlantique : Best Ink, L.A. Ink, Miami Ink ou bien d’autres encore.

Si le tatouage porte encore son lot de stigmates pour les messages extrêmes qu’il véhicule parfois, il est devenu une pratique de mode courante destinée à un besoin d’esthétisme corporel et également doué d’une signification personnelle, propre à chaque individu ayant fait le choix d’en avoir un.

Du discret tatouage sur la cheville à l’imposante figure recouvrant la moindre parcelle de peau, le tatouage est sur tous les corps. Hier méprisé, underground, sous-culture de la rue destinée aux marginaux, il est maintenant phénomène de société. Il est le sujet de multiples ouvrages, d’émissions de télévision et reconnaissance ultime, il est le sujet d’une exposition de plusieurs mois au musée des Arts Premiers du Quai Branly .

Aujourd’hui, pourquoi se fait-on tatouer ?

Pour marquer un événement important dans sa vie

Pour affirmer ses origines ou ses croyances

Pour l’utiliser comme talisman

Pour se distinguer

Pour affirmer une appartenance

Par envie d’améliorer son esthétisme.

 

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3 comments

  • REGIS

    Et oui il n’y a pas d’age pour se faire faire un tatouage, je viens de me faire tatouer ma signature sur l’avant bras une patte de PANDA

    Répondre
    • Pas mal ! Moi, j’attends toujours que le tatouage ne soit absolument PAS douloureux. Peut-être sous anesthésie générale ? En tout cas, félicitations pour avoir franchi le pas.

      Répondre
      • REGIS

        Ah bon pour moi ce n’est pas douloureux au pire comme des toutes petites décharges

        Répondre

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