Ma vie dans un monastère

Non, je ne suis pas devenue religieuse, bonne sœur ou bonzesse. Mais j’ai eu l’occasion de passer deux nuits dans l’enceinte d’un monastère, dans un haut lieu du bouddhisme et du shintoïsme.

Koyasan la ville aux mille temples

Pour y accéder, il faut le vouloir. Des routes serpentent depuis la côte pour atteindre ce complexe de temples au sommet d’une montagne. San veut dire mont, vous le retrouverez souvent au Japon. J’ai bien entendu, par pur hasard, choisi la route la plus vertigineuse, la plus escarpée, la plus étroite avec un nombre impressionnant de camions l’utilisant et la plus belle en termes de vues sur le paysage. Oui, le trajet a été long, parfois compliqué lors des croisements mais que de beauté à perte de vue.

J’ai d’ailleurs appris après mon arrivée que j’avais sans le savoir choisi la route panoramique et touristique. Comme tous ces camions ? Je la recommande pour ressentir les mêmes sensations que sur des montagnes russes sans la sécurité. Plaisanterie mise à part, la vue est un régal.

Pour les courageux mis en jambes par le pèlerinage de Kumano Kodo, il est une jolie balade à réaliser, la route de pèlerinage Choishi-michi. Elle va de Danjo Garan à Koyasan et elle est balisée tous les 109 mètres par une borne. Si vous marchez les 24 km, vous pourrez en compter 180. Bonne balade.

L’origine

Cette ville, établie il y a plus de 1200 ans par le moine Kobo Daishi compte 117 temples toujours actifs.  Bien sûr, elle a été reconnue site du Patrimoine Mondial de l’Unesco. Le plus sacré des temples est Okuno-in où Kobo Daishi dont le corps serait intact, méditerait éternellement.

Les temples à ne pas rater

Pas facile de décider lequel privilégier mais à moins d’avoir beaucoup de temps, il est impossible de tous les voir.  Je n’en citerai que cinq. Pour les autres, faites comme moi, laissez-vous guider par vos pas, suivez d’autres touristes, repérez les pèlerins à leur chemise blanche et leur bâton de marche.

Okuno-in : à ne pas rater, ne serait-ce que pour la légende citée plus haut et l’origine du lieu.

Kongobu-ji : réputé le plus grand et le plus important de Koyasan

Danjo-Garan : premier lieu où fut bâti un temple sur le mont Koya.

Kongobu-ji : monastère principal du bouddhisme Shingon à Koya-san. Il abrite le plus grand jardin de pierre du Japon.

Karukaya-do : pour l’histoire de ces deux moines qui se sont côtoyés pendant 40 ans sans savoir que l’un était le fils de l’autre, conçu pendant sa vie laïque.

Et en photos, quelques autres.

Koyasan

Et mon séjour monastique ?

Je ne vais pas vous faire languir plus. J’ai choisi le Kongo Sanmaiin avec supplément demi-pension, cuisine végétarienne garantie. Environ une trentaine de temples proposent l’hébergement des touristes.

L’accueil se fait de 14h à 17h. Les chambres sont bien loin des cellules de moines que j’imaginais et ne sont pas non plus dans l’enceinte du temple, mais juste à côté. Bouilloire, toilettes privées, chauffage et futon. Et de plus, la vue sur le jardin intérieur m’enchante. Rien ne manque.

Le repas est servi en réfectoire, à 17h30, bien loin de mes horaires habituels de repas. La température y est glaciale. Agenouillée sur mon petit coussin, là où est noté mon numéro de chambre, je vais déguster un repas qui ne m’échauffera pas les sangs, comme disait ma grand-mère. Tout y est fade, de l’entrée au dessert. Et bien que mon appétit ne soit pas énorme, je pense avec soulagement aux biscuits dans ma valise. J’ai discuté discrètement avec mon voisin de table d’en face situé à plus de deux mètres. Oui, pas facile la discrétion à cette distance. Puis chacun regagne ses pénates jusqu’au lendemain. Extinction des feux recommandés à 21h, ce que je respecte moyennement. Oui, je lis « les délices de Tokyo » et je veux en savoir la fin avant de dormir.

Lever à 6h pour assister à la cérémonie matinale des moines dans le temple. Je me suis habillée comme pour aller au Pole Nord et j’ai eu raison. J’ai juste oublié mes gants et j’ai eu tort. La pièce est très belle, dans une semi-pénombre. Appareils photos et téléphones sont interdits et un moine vérifie leur absence. La prière en silence me permet d’admirer le décor et le plus vieux moine penche fortement jusqu’à ce qu’un autre le redresse. Les chants sont beaux et je regrette de ne pouvoir les enregistrer. J’aurai aimé aussi filmer la cérémonie, les lanternes de bronze patinées qui ondulaient au souffle du vent et les participants plus ou moins concentrés. Puis vont communier ceux qui le souhaitent et connaissent le rituel. Ensuite, les vœux inscrits sur des tablettes de bois destinés à être brulées sont déposés dans une corbeille avec la somme correspondante.

Nous sommes invités à nous lever, à faire le tour complet de la salle. Les objets, très anciens, patinés par les ans et l’encens, sont magnifiques. Et nous revenons nous asseoir.

Puis les jeunes moines partent, sans doute préparer le petit déjeuner et seul reste le vieux moine branlant. Assis sur une chaise, il parle, longtemps, penche, se redresse, penche à nouveau… Ce qu’il dit parait interessant au vu des réactions des japonophones. Je crains surtout qu’il tombe de sa chaise.

Enfin, son sermon (ce que j’imagine) se termine. Et la porte de sortie nous est montrée. Ouf ! Oui, la patience n’est pas mon fort. Sus au petit déjeuner.

Indécrottable française, il me faut un café au lait de préférence, du pain ou une brioche à défaut. Donc, la soupe miso, le riz blanc et trois légumes, non merci.

En revanche, je me régalerai des photos faites dans la cour du temple dès potron-minet, à la fin de la cérémonie.

Il est possible d’y rester une nuit ou le nombre qui vous convient, de choisir la formule avec ou sans repas, de résider une nuit dans un temple et une suivante dans un autre.

Si vous avez envie de vivre cette expérience, pensez à réserver bien à l’avance, ces hébergements sont assez courus. Et si vous y séjournez, ne ratez pas la cérémonie matinale, elle en vaut la peine.

Conclusion provisoire

Et voilà, fini les temples jusqu’à la semaine prochaine où je vous ferais découvrir un endroit particulier. Promis !

En attendant, excellente semaine !

En attendant, excellente semaine à vous. Et si le sujet vous interesse, je vous conseille de jeter un oeil sur ma chaine Youtube. depuis début février, les vidéos sont consacrées au Japon. Bon visionnage.

https://www.youtube.com/seniorsenvadrouille2/?sub_confirmation=1

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