Nekatur deuxième partie

Il y a peu, je vous ai partagé la première partie de notre blogtrip dans le Pays Basque espagnol et plus précisément de la région de San Sébastian. Si vous ne l’avez pas encore lu, c’est par là.

Nous vous avions laissé à la fin du deuxième jour. Alors, c’est reparti.

3 e jour :

Arantzazu

Petit déjeuner varié, afin de prendre des forces avant cette nouvelle journée de découvertes. Plusieurs d’entre nous se sont levés plus tôt pour le plaisir d’admirer le paysage.

Et nous voilà partis pour Arantzazu, une église construite dans la montagne. Son nom vient de son origine. En 1469, un berger promenant ses moutons entendit une cloche tinter. Pensant qu’une de ses brebis s’était égarée, il se dirigea vers le son et au sein d’un buisson d’aubépines, découvrit une statuette de la Vierge Marie. Arantzazu signifie : « Dans les épines, Toi ? » exclamation poussée par le berger lors de sa découverte. Dès 1514, ce lieu devint résidence de frères franciscains.

Située à 10 km d’Oñati, cette église mérite le déplacement. Déjà pour sa situation exceptionnelle, pour sa route escarpée qui y mène, pour son panorama à couper le souffle.

Pour en savoir plus sur l’histoire du lieu, je vous conseille ceci.

La construction de la basilique actuelle commence en 1950 et se termine (à part la peinture de la crypte) en 1969 . Son style résolument moderne a heurté les croyances des frères franciscains et de la papauté qui ont mis leur veto quant à la décoration : peintures de la crypte et sculptures de la façade. Je vous recommande une visite guidée pour en apprendre plus sur les querelles liées à ce lieu.

Senior, a priori opposé au parachutage des constructions modernes et imposantes, s’est avoué sensible à l’ambiance architecturale des deux niveaux de l’édifice. De plus il a été touché par la concrétisation douloureuse du cheminement pieux pris entre l’ordonnance ecclésiastique et le sens étymologique du vocabulaire religieux. Quoiqu’il en soit, la petite statue de la vierge reposant sur son bois d’aubépine trône au coeur de l’église.

Oñati

A ne pas manquer : la visite de son superbe quartier historique et surtout de l’Université de Sancti Spiritus. Le fondateur, ancien enfant du pays devenu évêque et très riche, a voulu cette université mêlant à la fois profane et sacré. On peut y admirer un plafond de style mudéjar, très rare en pays basque puisque l’invasion maure n’est pas arrivée ici. Et le cloître est typique de la Renaissance. C’est le seul cloître (clos donc) depuis lequel il est possible de pêcher en toute discrétion dans la rivière coulant en dessous du bâtiment. Et donc, c’est la seule université traversée par une rivière.

Autre singularité, cette université met en premier plan l’émancipation acquise par la volonté alliée à l’acquisition de connaissances.

Pour en savoir plus : http://www.oñatiturismo.eus/fr/listings/sancti-spiritus-unibertsitatea/ 

Mais il serait dommage de quitter ce lieu sans rendre visite à la boutique de la chocolaterie artisanale Txoloteixia en plein coeur des ruelles. Le goût de ses bouchées au chocolat peut se comparer sans rougir à bien des grands noms, nous avons même payé de notre personne pour en être sûr. Il est cependant dommage que sa note artisanale ne l’ait pas affranchie de certains d’adjuvants industriels.

Et après avoir fait le plein de douceurs, l’Ostatu de Mutiloa dirigé par le chef Iñaki Telleria nous accueille et nous sustente d’un repas de qualité et léger pour le plus grand bonheur de nos estomacs.

Notre balade post-prandiale nous conduit à Segura, cité médiévale, fondée au XIII ième et située, au bord du fleuve Oria et dans un cadre naturel d’une beauté exceptionnelle. De plus, elle est entourée de jolies montagnes, comme l’Aizkorri (1528 m) et le Txindoki (1346 m), entre autres.

Nous partons visiter une fromagerie et pas n’importe laquelle : l’agroturismo Ondarre. Le fromage fabriqué ici par la famille Goiburu est l’un des plus primés au niveau national et international. Par exemple, il a été le vainqueur du triple concours de fromage Idiazabal. Le dernier fromage présenté a été vendu aux enchères pour la modique somme de 13 050 euros.

Un peu cher au kilo, non ? Comme quoi, au pays basque espagnol, l’artisanat peut damer le pion à l’industrie sur le plan alimentaire.

Bien sûr, il est possible après la visite d’en acheter pour un prix bien plus raisonnable, ce que nous avons fait, je l’avoue. Il est possible de loger ici, dans les chambres d’hôtes de qualité. pour réserver, c’est par ici

Un petit mot sur cette exploitation qui nous est présenté par Eneko : le fromage est fait de manière traditionnelle et seulement lors de la période de lactation des brebis. Vous apprendrez comment se fabrique le fromage depuis la traite des brebis jusqu’à sa présentation sur l’étal du commerçant. Pardon, du producteur car tout est vendu en direct à la ferme. Moi qui me flatte d’avoir quelques connaissances en fromage, réminiscences d’une autre vie, j’ai pu voir pour la première fois l’origine de la présure, un suc gastrique extrait de l’estomac du veau.

C’est donc chargés de fromage de brebis que nous prenons le chemin de notre hébergement, un établissement familial adhérent de Nekatur et cidrerie artisanale.

Découverte de fabrication du cidre avec des pommes locales à déguster de manière locale.

Et comme le font tous les Basques au moins deux fois par an, nous avons mangé le repas classique servi dans les cidreries artisanales : Miam ! Nous terminons le repas par… du fromage, bien sûr ! On est loin des recettes de cuisine sophistiquées mais diable que la qualité du produit et le savoir-faire font merveille (pièce de viande grillée : asador, …)

Repus, nous avons rejoint notre magnifique chambre pour le plus grand plaisir de Senior. A chaque hébergement, il s’émerveille de la qualité de construction de ces grandes bâtisses dans lesquelles se nichent les gîtes. Épais murs de pierres, charpentes aux massives et rassurantes poutres à rendre jaloux un charpentier de marine, boiseries traitées régulièrement en chêne massif, bâtiments parfaitement rénovés et pour certains bicentenaires. Un accueil toujours très ouvert et prévenant dans des maisons à l’âme si forte, comment ne pas y être bien ?

4 e jour :

Musée Chillida-Leku

Au risque de me répéter, après un copieux petit déjeuner, nous partons pour le musée Chillida-Leku. Cet artiste basque travaillait la matière, s’interrogeant sur la place de l’humain et sa petitesse par rapport à ce qui l’entoure. Ce musée créé du vivant de l’artiste est en grande partie en plein air et il est agréable de déambuler autour des œuvres exposées, de se poser sur l’herbe ou sur un banc, s’interroger sur la démarche de l’artiste, apprécier la vue ou se détendre simplement.

La collection de Chillida-Leku comprend 391 sculptures et plus de 300 oeuvres en papier, entre gravitations, gravures et dessins.

Un bâtiment abrite des œuvres plus petites et plus fragiles comme celle réalisées en plâtre, papier et albâtre.

Chillida travaillait aussi bien l’acier inoxydable que le fer, le béton, le feutre, le bois, le papier, l’albâtre ou même la terre.

Les 11 hectares du terrain d’exposition sont un lieu de promenade agréable. Il est possible de réserver une visite guidée pour mieux comprendre la démarche de l’artiste.

www.museochillidaleku.com/home-dev/*

Fronton et pays basque

Réfléchir, ça creuse et le petit-déjeuner est loin. Nous nous rendons donc au restaurant Suharri, situé au fronton Galatera Jai-Alai à Hernani. Qu’est-ce qu’un fronton ? Auriez-vous oublié que nous sommes au Pays basque et qui dit Pays Basque dit pelote basque ! C’est donc le terrain officiel pour la pratique de ce sport et d’une de ses variantes, la remonte. Elle se joue avec une chistera en rotin qui permet de frapper la pelote, celle-ci glissant ensuite dans la gouttière étroite et peu courbée. C’est une discipline rapide et très technique, il n’y a pas de temps mort lors de la réception de la pelote. Certains d’entre nous ont testé ce sport avec plus ou moins de réussite. Rien à voir, même pour les plus talentueux d’entre nous d’obtenir un résultat digne d’un vrai sportif. (vidéo)

Et dans ce lieu, caché dans les hauteurs du bâtiment, se trouve le seul homme au monde capable de réaliser une chistera de A à Z. Il peut même adapter celle-ci aux spécificités du sportif à qui elle est destinée. Un trust en position monopolistique international à lui tout seul et à son corps défendant ! C’est à regret que nous récupérons nos véhicules pour retourner en France.

Conclusion provisoire

Je ne connaissais pas du tout le Pays Basque espagnol et je remercie Nekatur d’avoir en partie comblé cette lacune. Je leur reproche cependant d’avoir ajouté cette destination sur mes tablettes car il y a tant de choses que j’aurai aimé voir, tester et découvrir. Ce n’est donc que partie remise.

En résumé, nous avons envie de :

● Revoir cette côte qui rappelle la Bretagne en moins déchiquetée mais avec plus de reliefs et un passage mer-campagne beaucoup plus contrasté et franc.

● Participer par notre loisir au bien être des animaux en éloignant les impératifs de rendement avec l’élargissement des sources de revenus des locaux.

● Découvrir d’autres goûts et leurs équilibres.

● Rencontrer une autre culture à deux pas de notre frontière.

Alors, si vous cherchez une destination unique, riche de son terroir, de sa culture, de sa gastronomie et pour un prix raisonnable, ne cherchez plus, vous l’avez trouvé : le pays Basque. Et si vous passez par les mêmes lieux, transmettez-leur nos meilleures pensées et dites-leur que nous reviendrons.

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