Nikko à ne rater sous aucun prétexte

NIKKO, à ne rater

sous aucun prétexte

Après avoir quitté Tokyo dont je vous ai parlé la semaine dernière, je suis partie m’exiler à la montagne, à Nikko, à deux heures de train rapide de la capitale et trois en voiture. J’ai jeté mes bagages dans Titine et direction cette petite ville célébrée par tous les guides de tourisme et même par l’Unesco

Nikko

Présentation rapide

Nikkō est une petite ville de 90 000 habitants et la préfecture japonaise de la région de  Tochigi. Elle est située dans les montagnes à 200 kms au nord de Tokyo. Réputée pour l’architecture de ses temples et sanctuaires dont certains sont classés au Patrimoine mondial de l’Unesco, elle mérite le détour en soi pour la beauté naturelle de ses paysages montagneux.

Que voir

Beaucoup de touristes se contentent d’une journée d’excursion depuis la capitale et je trouve ceci dommage : il y a tant à voir dans cette région qu’elle mérite bien plus qu’une halte rapide. Commençons par le culturel :

Sanctuaires and Co

  • Pont sacré Shinyo

Il marque l’entrée du site le plus sacré du Japon, celui regroupant le temple Rinno-ji, le sanctuaire Tosho-gu et le temple Futarasan-jinja. Selon la légende, le moine Shodo Shonin a pu traverser la rivière (qui m’évoque bien plus un torrent) grâce à deux serpents qui ont pris cette forme de pont. Pratique, non ? Venez tôt si vous souhaitez éviter les hordes de touristes venus se faire prendre en photo devant.

  • Le temple Rinno-ji

En restauration lors de mon passage, il se visite toutefois à l’intérieur. Il a été fondé par le moine dont je viens de vous parler en 766. Il abrite des statues gigantesques, de plus de 8 m de haut.

  • Le jardin Shoyo-en

Situé en face du temple Rinno-ji, c’est un petit bijou de délicatesse. Un très vénérable cerisier y réside, ne le manquez pas.

  • Futarasan jinja

Fondé toujours par le même moine en 782, ce temple est célèbre pour sa lanterne aux fantômes. Les éraflures que l’on y aperçoit sont les traces des batailles féroces livrés par les spectres à coup de sabre.

  • Le sanctuaire Tosho-gu

La raison principale de la venue de tant de touristes à Nikko. Commencez par admirer la pagode à cinq étages, puis aux magasins sacrés à droite qui vendent moult amulettes pour tout ce que vous pouvez désirer : amour, argent, santé, réussite aux examens, accouchement et j’en passe. Continuez à gauche avec l’écurie sacrée. Remarquez les singes sculptés sur le fronton. Tout le monde connaît ces 3 singes. Mais qui sait qu’ils symbolisent le précepte de la secte bouddhiste Tendai : ne pas regarder le mal, ne pas le dire, ne pas l’écouter.

Commencez à gravir les marches qui mènent à l’entrée principale. Si vous êtes attentif, vous remarquerez qu’une colonne a été inversée. Pourquoi ? Pour éviter de créer une œuvre trop parfaite. Il y a, je crois, près de 500 sculptures végétales et animales sur cet édifice.

Sur votre droite, vous trouverez la célèbre sculpture du chat qui dort (petite et sans attrait particulier à mes yeux) réalisée par Hidari Jingoro, un des artistes les plus célèbres de XIIe siècle.

Puis une autre volée de marches (250) vous mène au sommet pour y voir le mausolée de Tokugawa Ieyasu.

Aparté culturel

Ce général demanda, peu avant sa mort en 1616, à être enterré sur le Mont Kuno puis à être déplacé, un an plus tard à Nikko, ville dans laquelle il n’est jamais allé. Pourquoi ? pour y protéger son peuple et sa descendance pour l’éternité. Sa volonté a été respectée par son fils et son petit-fils qui ont fait construire autour du mausolée un ensemble de toute beauté. L’empereur le surnomma en 1645 « sanctuaire de la Lumière venue de l’Est » ou Tosho-gu. Ce général devenu divinité fut l’objet d’un culte jusqu’en 1867.

Petit plus

Venez tôt si possible, pour éviter les hordes de touristes qui débarquent à partir de 10h. Vous apprécierez bien plus votre visite.

Nature

  • Lac Chuzenji

Ce lac, situé à 15 kms environ de Nikko se mérite après une longue route en lacets sujette à de très nombreux embouteillages. Comptez bien une heure pour l’atteindre. Ce lac est magnifique. Il s’y reflète la nature environnante. J’ai eu la chance de le voir avec les érables en feu, allant du jaune pâle au rouge vif, tout ceci accentué par le soleil omniprésent. La route retournant sur Nikko, en sens unique comme la précédente, est vertigineuse. Par ses multiples lacets, certes mais bien plus par la beauté démesurée et troublante du paysage, des montagnes qui s’affichent devant les yeux. Je n’ai jamais vraiment compris le syndrome de Stendhal face aux tableaux. Sauf là ! Je n’ai jamais ressenti une telle émotion devant une œuvre. Que ce soit la Nature qui l’ait réalisée est un plus pour moi. J’aurai aimé pouvoir capturer l’instant pour le conserver à jamais. Mais bon, je conduisais, sagement, respectant scrupuleusement les limitations de vitesses. C’est bien la première fois que les Japonais ne m’ont pas doublé.
Il est possible de faire une croisière sur le lac, ou de louer un pédalo ou simplement de se promener sur son bord. La randonnée totale fait 20 kms. Une partie peut suffire pour admirer les reflets des arbres dans l’eau. Oui, j’ai adoré.

  • Chutes Kegon

Beaucoup de touristes japonais ne viennent que pour elles. Hautes de 100 m, le débit est impressionnant. Au vu des photos sur le site, chaque saison le présente différemment. Au printemps, les chutes impressionnent par leur puissance. En automne, les couleurs des érables environnants la subliment. Et en hiver, quand tout est gelé, on dirait une colonne antique. Vous pouvez l’admirer depuis l’observatoire ou prendre l’ascenseur payant qui parcourt 100 m en 1 mn pour vous retrouver à ses pieds. L’ascenseur m’a paru plus une prouesse technique que représenter un intérêt pour voir la cascade.

Culture et Nature

  • Villa impériale et jardins

Je ne pouvais quitter Nikko sans aller visiter une villa impériale, résidence d’été de trois générations d’empereurs fuyant la chaleur humide de Tokyo. La villa en elle-même n’est que dépouillement, parois coulissantes, tatamis. Les quelques meubles présents sont d’excellente facture. Et ce qui m’a charmé ici a été la vision du jardin aperçue depuis la villa. Bien sûr, je l’ai visité ensuite et il est charmant. Mais paradoxalement moins beau que vu depuis la villa.

Conclusion provisoire

J’ai adoré mon séjour de quelques jours à Nikko. La semaine prochaine, je vous parlerai d’Edo Wonderland, à une quinzaine de kilomètres de Nikko, une raison supplémentaire de séjourner plus d’une nuit à Nikko.

En attendant, excellente semaine à vous. Et si le sujet vous interesse, je vous conseille de jeter un oeil sur ma chaine Youtube. depuis début février, les vidéos sont consacrées au Japon. Bon visionnage.

https://www.youtube.com/seniorsenvadrouille2/?sub_confirmation=1

Dernier consei: si vous le pouvez, évitez les chambres trop proches de la rivière-torrent. Le boucan est tel que la première nuit, j’ai cru avoir laissé brancher le climatiseur à fond.

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