Parler gaga ou l’importance de parler stéphanois à St Etienne

gaga

Nous vous avons promené dans St Etienne et sa banlieue, vous permettant de découvrir des merveilles inconnus comme le Safir ou le Pilat ou même le design. Mais nous avons gardé pour la fin telle la cerise sur le gâteau le parler gaga. De quoi parlons-nous ? Le langage de Lady Gaga ? Que nenni ! Nous vous expliquons ce qu’est le vrai, l’unique, le seul parler gaga. C’est parti. Et en prime, vous aurez droit à quelques anecdotes sympathiques.

Parler Gaga

 

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Comme beaucoup de régions de France, St Etienne possède ses expressions linguistiques propres, personnelles,  comprises que par les locaux et difficilement exportables. Je me souviens de spectateurs interloqués quand j’échangeais avec une Stéphanoise (spécial dédicace à Marielle) exilée comme moi en région parisienne. Dans notre conversation, notre vocabulaire gaga revenait à la course. Eux ne comprenaient rien.

Pour éviter que cette situation se reproduise, je vais vous délivrer un lexique, quelques mots et quelques expressions. Je vous expliquerai en fin d’article les trucs pour les utiliser.

Un peu de Vocabulaire :

  • Beauseigne ou bichette : le pauvre, la pauvre. On s’apitoie sur la personne concernée.
  • Babet : soit une pomme de pin soit un benêt / une personne niaise.
  • Godiveau : petite saucisse que les Parisiens appellent des chipolatas. Dans mon enfance, j’ai mangé beaucoup de purée aux godiveaux.
  • Vogue : c’est une fête foraine dont la plus connue est la Vogue des noix à Firminy.
  • Quinarelle : un de mes mots préférés tant je trouve que sa prononciation évoque son sens. C’est quelqu’un qui se plaint, qui geint, qui gémit sans cesse. Le verbe est Quiner.
  • Débarouler : un classique pour dégringoler, descendre très vite ou tomber en roulant. Oui, j’ai testé enfant ; il m’en est resté, je le crains, quelques séquelles.
  • Fouilla : interjection de surprise, d’agacement. J’ai eu le plaisir de l’entendre à nouveau à Roche La Molière prononcé par une personne qui me renseignait.
  • Le ou la Matru : un enfant, garçon ou fille pas très épais
  • Apeger : dit naturellement par ma sœur dans une conversation. Signifie donner un coup violent.
  • Bugne : un de mes desserts préférés, plus briochée que leurs homonymes lyonnais, c’est un beignet de mardi-gras. Et bugner, c’est donner un coup, faire une marque.
  • Pialouse : petite baie très acide, si acide qu’elles me faisaient fermer les yeux tant elles étaient fortes. Certains enfants s’imaginent qu’elle est empoisonnée.

 

Quelques expressions :

 

  • Bois-en-mieux : pour dire à quelqu’un qu’il a trop bu ou qu’il  vient de dire une bêtise énorme.
  • Coup de gandot : être un peu fou. C’est à la base un récipient pour le repas.
  • Etre tout mouillé de chaud : être en sueur, transpirer abondamment.
  • Huit jours sous une benne : phrase préférée que mon père bougonnait quand je renâclais à terminer mon assiette (soit à tous les repas). Se réfère aux éboulements dans les mines qui coinçaient les mineurs pendant plusieurs jours avant que n’arrivent les secours.
  • Manger les barabans par les racines : être mort, les barabans étant le nom local des pissenlits.
  • Le pas de la Manu : référence ici au pas lent des ouvriers de la Manufacture d’Armes de la ville. Réputés gagner bien leur vie tout en travaillant assez peu. Équivalent du « train de sénateur ».
  • Taillé comme un bouchon de radiateur : petit, malingre.
  • Etre berchu : avoir perdu une dent de devant

 

Quelques anecdotes garanties gaga

 

  • Saviez-vous que St Etienne regorge de talents culinaires incroyables. Vous connaissez sans doute Pierre Gagnaire, chef 3* multi-reconnu, stéphanois conservant son accent envers et contre tout. Mais avez-vous entendu parler de Bruno Moncoudiol  à St Etienne ? A la base charcutier-traiteur, puis meilleur ouvrier de France en pâtisserie, Bruno est devenu champion du monde de pâtisserie en 2005. Excusez du peu !

 

  • Les Stéphanois, taisez-vous. Pour les autres, savez-vous que le premier magasin d’alimentation Casino a ouvert ses portes en 1892 rue Michel Rondet dans le centre-ville de St Etienne. Son propriétaire était un certain Geoffroy Guichard… d’où le stade du même nom. Les sièges de l’entreprise Casino se trouvent toujours à  St Etienne.

 

  • Vous avez entendu parler des traboules lyonnaises, ces ruelles cachées derrière des portes traversant des immeubles, des cours et permettant de relier un autre quartier. Elles existent à St Etienne et peu le savent.Autrefois au nombre de 200, il en resterait actuellement 70. Résultat de recherche d'images pour "traboules stephanoise"

 

  • Un couple de Picards a fait 700 km en camping-car pour que leur fille naisse à Saint-Etienne en 2016. Et Julia est née quelques heures avant un match décisif pour la ville. De vrais fans de football !Image associée

 

 

  • La petite dernière pour la route : saviez-vous qu’il existe à St Etienne des immeubles de 6 étages sans ascenseur ni escalier. Et non, les habitants ne rentrent pas chez eux en se hissant avec une corde. Auguste Bossu, architecte des années 1930 a conçu un immeuble dans lesquels une rampe douce en forme hélicoïdale dessert les 35 appartements. Et devant le succès, un second a été construit.  C’est le même système que l’on retrouve au musée Guggengheim de New York, construit dans les années 50.

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Parlez gaga comme un local

 

Parsemez votre conversation des mots et expressions expliqués ci-dessus. N’en faîtes pas trop. Commencez petit pour faire local, pour tromper les stéphanois les plus endurcis. Ajoutez-y l’accent d’Aimé Jacquet et ce sera parfait. Par contre, je ne suis responsable en rien des incompréhensions voire des insultes ou même plus s’ils ont la sensation que vous vous moquez d’eux.

Eh oui, le Stéphanois est susceptible, comme le Corse mais c’est moins connu. Pensez qu’il existe des dizaines, des centaines de galeries souterraines et veillez  à ne pas réveiller leur gène mineur de fond. Il serait dommage d’y être égaré. Et vous pourrez vous targuer d’avoir ajouté une langue à vos connaissances linguistiques.

Le vocabulaire stéphanois n’est qu’une spécification de vocabulaire qui ne demande aucune modification grammaticale. Dans chaque région de France existe un vocabulaire méconnu ailleurs. Moi, j’ai longtemps cherché les « merles en frit » dont ma mère me parlait avant de découvrir à l’âge adulte qu’il s‘agissait de merlans frits. Un grand merci au restaurant les Gueules Noires qui m’a donné envie d’écrire cet article.

 

Conclusion provisoire

Et vous, selon votre région d’origine, quelles expressions familières de votre enfance  avez-vous abandonnées une fois adulte en cas de changement de région ? La langue française dite officielle se nourrit de tous les ajouts empruntés à toutes les régions de France.
Alors, quelle est votre expression préférée, qu’elle soit stéphanoise, normande, picarde ou autre ? Ajoutez-la dans les commentaires pour nous permettre de les découvrir.

Bientôt des cours d’apprentissage de stéphanois ?

 

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