Port-Cros : la nature à l’état brut sur la Côte d’Azur

Nous avons quitté Menton et Monaco. Mais notre séjour dans le Sud s’est poursuivi pour notre plus grand plaisir. Nous vous emmenons aujourd’hui à Port-Cros, sur une île au large de Gien sur une des îles d’or.

Nous avons eu la chance de faire partie d’un groupe de blogueurs invités par l’Office du tourisme d’Hyères par l’entremise d’ Itinera Magica. La présence amicale et joyeuse de Marjo et Nicolas des Carnets de Ti Piment, d’Olivia de La fille de l’encre, de Laurianne de je suis partie voyager , Marie de A day in the world et bien sûr d’Alexandra d’Itinera Magica ont rendu cette expérience encore plus amusante. je crois que le diction “plus on est de fous, plus on rit” a rarement été aussi bien appliqué. C’est un grand plus souvent omis dans les blogtrips : rencontrer des personnes passionnées, drôles et intelligentes.

Port-Cros mode chien mouillé

Ou quand rien ne nous arrête, même pas la météo. Quelques informations générales avant de tout vous révéler sur cette journée.

Les Iles d’or

Trois îles et deux îlots se partagent cette appellation : Porquerolles, Port-Cros et l’île du Levant dont nous vous parlerons dans un prochain article ainsi que l’île de Bagaud, parc national interdite d’accès et l’île du petit Langoustier dont la surface est quasiment toute occupée par un fort.

Moins connue que Porquerolles, Port-Cros possède le grand avantage d’être également moins chargée en touristes de toutes sortes.

Port-Cros en quelques mots

1 254 ha, 7 km de long et 2,5 km de large, Située dans le prolongement de la presqu’île de Giens, l’île culmine au sémaphore à 142 m. Elle offre des paysages variés et abrite un Conservatoire botanique national qui gère 180 hectares de terres agricoles et collectionne des espèces rares endémiques aux îles d’Hyères ainsi que des variétés anciennes d’arbres fruitiers, figuiers, fruits à noyau et agrumes.

La règlementation y est très stricte :

  • Pas de feu ni de cigarette en dehors du village, pour prévenir l’incendie et garder les plages propres.
  •  Interdiction de camper de bivouaquer.
  •  Véhicule motorisé et vélo à l’exception des véhicules de service ou autorisés sont prohibés.L’île est réservée aux piétons.
  •  Pas de déchets en dehors des conteneurs, pour ne pas altérer les milieux naturels et les paysages.
  •  Aucun bruit ou dérangement pour préserver le caractère des lieux.
  •  Pas d’arme, la chasse est interdite.
  • Cueillette ou prélèvement non autorisés pour conserver la diversité biologique.
  •  Aucun chien pour maintenir la tranquillité de la faune et la salubrité des plages. Dans le village, de St Joseph, les chiens tenus en laisse sont autorisés.
  • Pas de pêche de loisir pour sauvegarder la faune et la flore marines.
  • Et bien sûr, pas de jet-ski sur l’ensemble du territoire des Iles d’or

Le contenu détaillé de la réglementation peut être consulté à la Maison du Parc à Port-Cros.

Ne croyez pas que cette règlementation vous empêchera de profiter des beautés de l’île. C’est plutôt l’inverse. Vous allez, tout comme nous, découvrir une nature préservée et des vues à couper le souffle.

La découverte

Après avoir traversé le bras de mer entre Hyères et Port-Cros par le ferry régulier, nous débarquons avec nos sacs pour la journée, nos pieds bien chaussés, détail indispensable car l’île se visite à pied. Dans le mien, mon masque de rando palmée car je rêve de vérifier si les fonds marins sont aussi beaux que prévus.

La météo est menaçante. Il n’a pas plus depuis près de 6 mois parait-il mais nous sentons tous que cela ne durera pas. Certains scrutent la météo sur portable avec anxiété. Nous récupérons notre casse-croute auprès du restaurant  Sun Plongée et en avant pour la balade avec de très nombreux arrêts pour admirer les vues et les collecter sur nos appareils photos.

Pause sur la très jolie plage du Sud où l’appel de la mer est le plus fort : malgré ma légendaire frilosité, je m’en vais nager et contempler les nombreux poissons qui s’abritent près des rochers. L’eau étant tout de même fraiche, je ne prolonge pas la baignade. Mais quel plaisir d’admirer tant de poissons pas farouches. J’adore avoir l’illusion de pouvoir les toucher du bout du doigts… si je le voulais vraiment.Senior préfère se consacrer à la prise de photos. Quel sacrifice, vraiment !

Et on remet ses grosses chaussures de marche et nous continuons sur la route des crêtes et la pluie s’invite dans le décor. Nous poursuivons courageusement jusqu’à la Pointe du Cognet. La vue en vaut la peine et je me prends à rêver à ce qu’elle doit être par beau temps. Nous ne voyons pas de puffins yacoubas bien qu’ils ne nichent que sur cette île. Pas fous, eux. Ils se sont planqués et attendent la fin du déluge.

Nous piqueniquons sous le couvert des arbres, les fesses posées sur des aiguilles de pins. J’adore ma veste de marin. Elle protège mon fessier de l’humidité du sol. Tant pis pour les gouttes qui transpercent notre toit d’épines. Mais notre casse-croute se révèle copieux, complet et bien adapté. Notre mine d’aventuriers détrempés m’amusent mais je ne serai pas contre un bon rayon de soleil.

Et retour au village au pas de course ou presque car les chemins deviennent glissants avec la pluie et la boue. Celle-ci s’intensifie et nous demandons asile au Manoir, superbe hôtel 4 étoiles dont l’histoire est intimement mêlée à celle de l’ile. Et à notre très grande surprise, ils acceptent de nous héberger au sec bien que notre allure oscille entre Quasimodo et un chien des Pyrénées s’étant roulé dans la boue.

Autour d’une tasse de thé brulant, Alexandra de Itinera Magica nous raconte l’histoire de l’île.

Port-cros et le Manoir

Si l’histoire des origines de Port-Cros vous interroge, cliquez ici. Pour les autres, je résume.

Au début, il y avait

Les premiers habitants réguliers de l’île étaient les pirates. Pour les combattre, on eut l’idée en 1549 d’y envoyer des détenus de droit commun qui causèrent plus de troubles encore que les pirates. L’île passe de main en main jusqu’à Napoléon qui y installe une garnison de plus de 1000 hommes en raison de son importance géostratégique.

Et nous arrivons à la partie qui nous intéresse. J’aime les livres, vous le savez si vous nous suivez depuis un certains temps. Et cette île devra son essor et sa popularité à des écrivains.

La préservation de Port-Cros

Le personnage central de la préservation de Port-Cros est Marceline Henry.  Elle débarque à Port-Cros en 1918 avec son amant Jean Picart, sous-préfet à Orange et poète (Claude Balyne) atteint de tuberculose. Totalement séduite par le lieu, Marceline écrit en 1921 à son mari Marcel Henry, notaire à Avignon, de venir les rejoindre. Ce dernier vend tous ses biens et s’installe définitivement à Port-Cros. Balyne meurt en 1930.

Les Henry créent un établissement pourvu de tout le confort moderne, l’Hostellerie Provençale et font classer Port-Cros parmi les sites « de caractère artistique » par le Ministère des Beaux-Arts. En parallèle, Jean Paulhan, directeur-rédacteur en chef de la NRF (revue littéraire de Gallimard) loue le Fort de la Vigie (au nom de la Nouvelle Revue Française) pour y accueillir de nombreux écrivains en résidence comme André Malraux, André Gide, Saint-John Perse, Paul Valéry ou Jules Supervielle qui fait du Fort du Moulin sa demeure familiale.. Certains écrivains même, tels Henry Bordeaux avec La Fée de Port-Cros (1924) ou Jeanne Sandelion avec L’Âge où l’on croit aux îles (1930), préfacée par son ami Henry de Montherlant, font de l’île le sujet de leur roman.

En 1963, André Malraux, ami des Henry, fait classer l’île en Parc national.

Mme Henry, décédée en 1966, avait légué l’île à l’État, à l’exception de l’hôtel (Le Manoir), dont hérite son petit-neveu, Pierre Buffet. En 1963, la création du parc national de Port-Cros marque le dernier tournant d’une histoire riche.

Et nous alors ?

Revigorés par le thé et la gentillesse du personnel du manoir, soulagés que le plus gros de la pluie soit passé, nous repartons gaillardement pour poursuivre notre découverte. Le propriétaire de bateaux les Trois Iles nous attend pour nous emmener sur un point de randonnée palmée. La pluie intense a provoqué des coulées de boue qui ont troublé l’eau. Mais notre capitaine du jour parvient à trouver un endroit abrité du vent et des coulées de boues où les poissons s’amusent à nous frôler sans crainte. Seule la fraicheur de l’eau et mes grelottements ont eu raison de mon ravissement…

Et ensuite ?

Ensuite, nous serons débarqués sur l’Ile du Levant, bastion naturiste où il est possible et même encouragé de se balader à poil. Mais nous vous raconterons tout ceci la semaine prochaine.

Mon ressenti général

Malgré le manque de chance avec la météo, j’ai adoré cette journée, même le piquenique sous les pins. Et ce que j’ai entrevu de cette île aux couleurs plus pales et plus grises qu’à l’ordinaire me donne envie d’y retourner. Pourquoi pas au printemps prochain ? Senior, lui, a apprécié ce bain en faune et flore protégées et l’ambiance de ce petit périple. Comme si la nature préservée favorisait la réémergence du bon côté des êtres (îliens, accompagnateurs, gens de mer…). En cela et pour elle-même, Port-Cros l’emporte sur les pourtant multiples autres charmes de sa grande sœur Porquerolles, conclut Senior.

Port-Cros

Pour y aller

Prenez le ferry au port St Pierre. il vous coutera 28.10 euros par adulte. Pas de réductions seniors.

Conclusion provisoire

Et vous, connaissez-vous l’île de Port-Cros ? Si oui, qu’en pensez-vous ? Pour quoi ou pour qui la conseillerez-vous ? Si non, cet article vous a-t-il donné envie de la découvrir ?

Je remercie

  • Alexandra et l’office de tourisme de Hyères pour l’organisation de cette journée.
  • Le bar Sun plongée pour son pique-nique.
  • Les trois îles, compagnie de bateaux qui nous a baladés ce jour.
  • Et bien sûr tous les blogueurs avec qui nous avons partagé cette journée de fous rires

Envie de vous rendre compte de la météo sur place ? Regardez ce lien sur Instagram.

 

 

 

 

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