La Réunion terre de mélange et de merveilles

La Réunion

La Réunion, ce bout de France posé loin de la Métropole, terre enchanteresse aux mille facettes. Nous y sommes allés et c’est avec vous que nous allons partager sensations et photos. Bonne balade à nos côtés.

La Réunion, île du bout du monde

La Réunion

Le vol pour la Réunion : onze heures de Paris à Saint-Denis. L’arrivée, la descente de l’avion, la douceur du ciel bleu, un vrai bleu, pas grisé comme le ciel parisien quitté la veille, la caresse du soleil dès la passerelle.La réunion

La montagne, la mer, la forêt, la route des Tamarins, les passants, les sourires, la beauté des réunionnais. Cette beauté, partout. Ces odeurs puissantes et enivrantes. Et que dire de l’origine de l’Ile, de son peuplement, des différentes ethnies, des croyances, de la tolérance, de la beauté des nuages accrochés sur les falaises, élisant domicile dans les Hauts, tôt dans la journée, incapables de quitter ces lieux enchanteurs.

Temple du Colosse à Saint-André, les statues aux courbes féminines, colorées, des tiges d’encens, du calme ressenti dans l’enceinte. Ne rien dire. Juste s’emplir de béatitude, en imaginant l’harmonie se répandre dans chaque cellule de son être comme réintégrant une place vacante qu’elle n’aurait jamais dû quitter, initiant l’amorce d’un fin mouvement d’équilibration interne de quasi immobilité.

La Réunion

Et l’Église de Sainte-Anne. Moi qui adore le baroque, j’ai été comblée par la façade de cette étrange église et l’ingéniosité de ce curé alsacien[1]. Et comment oublier toutes ces fleurs, toutes ces couleurs intenses partout, ses parfums, ses fragrances? Je ne connais pas grand-chose en botanique mais je me souviens du nom de mon arbre préféré pour l’avoir demandé plusieurs fois : le jacaranda, silhouette violette le long des routes ou des chemins, violet du bout de ses racines jusqu’au bout de ses plus fines ramures ornées de ses magnifiques fleurs.

La Réunion

De loin, nous avons repéré le Piton des Neiges. En 2006, il y a eu plusieurs millimètres de neige pendant 15 minutes à son sommet, phénomène si rare que l’on en parle encore aujourd’hui.

Nous avions prévu une balade « facile, niveau marmaille et gramounes[2]» Traduction ? Une balade très facile, si évidente que même les enfants et les grand-mères la font.

Notre conclusion : ATTENTION, ne pas confondre enfants et grands-mères de métropole avec leurs équivalents réunionnais. Rien à voir. Mutation génétique due à la vie sur cette terre volcanique sans doute. Ils gambadent quand nous nous traînons, à pied ou à vélo. Et ils grimpent à tout âge, partout ; tout le temps, sans souffrir. Tout est naturel, évident.

Extrait de mon journal de bord :

 « J’ai cru mourir. Balade facile, mon œil. J’ai craché toutes les cigarettes que je ne fume pas. J’ai entendu comme un tam-tam lointain : c’était mon cœur résonnant au-delà de mes oreilles, cherchant à s’envoler hors de sa cage. J’ai marché en mode automatique, un pas après l’autre. Le Piton Rouge, la caverne du Roi Phaonce, le Petit Bénare et encore plus loin, le Grand Bénare. Ici, les crêtes ont la politesse de se cacher les unes derrière les autres pour laisser croire au novice éreinté à une arrivée proche.

IMG_5604Quelle vue, Seigneur ! Dominer Cilaos en contrebas, en dessous des nuages, être dans le soleil.

 Bien que Senior m’ait assuré le contraire, je suis persuadée que l’altitude (plus de 2600 mètres) ne me facilitait pas la « baladounette ». Hum, la saveur fabuleuse de ce sandwich acheté dans une boulangerie de Piton Saint Leu le matin même, dégusté les jambes dans le vide, assise dans le ciel ou peu s’en fallait.

Ces images, ce ressenti, ce trésor valaient ces heures de souffrance. Moi qui me croyais en pleine forme grâce à tout le sport que je fais. Aquabike®, Zumba®, Aérobic®… Rien ne vaut la montagne ! Mes globules rouges se sont emplis d’oxygène. Même ce retour au pas de charge pour en finir avec ce calvaire, pour enfin pouvoir enlever ces satanées chaussettes trop épaisses garanties anti-ampoules,  virer les chaussures de marche, trois tonnes au bout de chaque pied,  vérifier si j’avais toujours des orteils intacts, fonctionnels, les faire gigoter, les voir s’épanouir d’aise sur le gravier du chemin et enfiler mes tongs préférées, incroyablement confortables.”

Et ce vol en ULM ! Une grande première pour nous. Direction le petit aéroport de Saint-Pierre à l’aurore et en avant pour précéder les nuages qui élisent domicile dans les Hauts pour le reste de la journée, tel qu’ils le font depuis des millénaires.

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IMG_6278Seule dans l’ULM. avec le pilote, j’ai pu admirer l’Ile vue du ciel, le relief, le volcan, les coulées, les cirques, les rivières,  les forêts, les pitons et l’Océan. Ah, survoler le Trou de Fer et sa cascade. Superbe. Fabuleux. Se lever tôt est un privilège. Voir l’épais tapis de nuages s’avancer en douceur et en force pour recouvrir les différents cirques, être au-dessus et dedans. Quel pied !

Autre balade ? Oui. Celle de la forêt des cryptomerias, détour par le Maïdo jusqu’à l’Ilet Alcide. La vue aérienne sur le Cirque de Mafate. Balade plus facile, dans la brume. Marcher dans les nuages. Les couleurs des arbres, leur forme vrillée, en arche comme des sculptures. Leur écorce, parfois explosée, laissait apparaître des couleurs étranges, surréalistes. Tant à admirer. Les oiseaux surpris dans leur quotidien. Leurs trilles enjoués. Un rêve. Oui, mon cœur a encore joué au tam-tam. Une pause, et on repart d’un bon pasIMG_6452.

Mais notre balade préférée, la plus impressionnante, la plus fabuleuse, la plus… wow, c’est celle du volcan. Traverser dans le petit matin la plaine des Sables, rouge, lunaire, étrange et arriver au-dessus de l’Enclos. Éviter les grappes de touristes et descendre la muraille par ce petit sentier taillé dans la roche, marche après marche. 605 marches. Je les ai comptées au retour, en remontant, pour me donner du courage, me posant toutes les 50 marches.

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Dans l’Enclos, abandonner la végétation sur les flancs de la caldeira et pénétrer dans un univers minéral. Souvenirs anciens mais toujours présents des cours de géologie de mon année de 4ème.  Ma prof serait fière de moi.

Après l’ascension du petit cratère Formica Léo, en avant pour la vraie destination, le dernier cratère, celui qui en 2010 a craché de la lave pour la dernière fois ; pas après pas, nous avons entrepris cette marche chaotique sur la lave, sur les coulées dissemblables des dernières éruptions et observé leurs différents aspects. Oui, nous avons pu tous les repérer : les grattons, idéaux pour se tordre les pieds, la lave pahoe-hoe dont fait partie la lave cordée, les lapillis, les projections et les cheveux de Pelé, et tout çà avec la brume qui s’installait, recouvrant le paysage et les marcheurs, modifiant le paysage telle une féerie, nous rafraîchissant à chaque pas, avançant malgré le brouillard, fidèles aux marques blanches jalonnant le sentier jusqu’au gigantesque cratère Dolomieu, fin de la visite.

L’attention est non négociable quant aux marques blanches du chemin sous peine de se perdre. De plus le terrain volcanique jeune est totalement ignorant des prétentions égo-centrées humaines : l’attention au chemin qu’on emprunte est notre sauvegarde. Ces entrailles terrestres s’intéressent peu à la vie.

 Et là, la surprise, l’inattendu : le brouillard se lève, dévoile l’ample cratère et 300 mètres plus bas, tout au fond, ses petites fumerolles. Nous nous sommes assis sur la roche pour grignoter un biscuit. Pas plus. Peur de mobiliser nos forces pour la digestion quand il nous fallait refaire TOUT le trajet en sens inverse et finir par la montée de ses escaliers abrupts. Le panneau d’interdiction de s’asseoir au-delà de la marque rouge dessiné sur le bord du cratère était aussi visible qu’inefficace. Un homme a parlé de l’éphémère présence humaine à l’aulne du temps géologique. Et non, ce n’était pas Senior (quoique…)

La descente du cratère a été magique, en silence. D’autres personnes nous suivaient et respectaient notre désir de calme. Plusieurs fois, nous perdions car plongés dans nos pensées et ressentis, le fil des marques blanches à suivre, nous en écartions  de plusieurs mètres avant de le remarquer.

[1] Le père Daubenberger a été aidé par les  enfants et les  adultes pour réaliser des moulages de gargouilles, de têtes d’angelots, de feuille de vigne et de coquillages et magnifier la façade.

[2] Marmaille : enfants

    Gramounes : personnes âgées, grand-mères

Allez, encore quelques photos, pour le plaisir

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La Réunion

Clin d’œil pour ma passion pour le Street Art

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4 comments

  • MOILIER CATHERINE

    Bonjour,
    Vous passez sous silence les chiens errants que vous n’avez pas pu ne pas croiser, sur les aires de pique-nique, sur les plages, sur les parkings de grande surface, dans les sites touristiques, abandonnés par des maîtres peu scrupuleux (et le terme est modéré), les cadavres de chiens et de chats écrasés sur les routes. Pour info, il y a 150 000 chiens errants sur l’île qui compte 850 000 habitants, 13 000 euthanasies par an de chiens et de chats, 9 000 cadavres de chats et de chiens ramassés sur les routes tous les ans. Alors, oui, l’île de la Réunion est magnifique mais je tiens à prévenir les personnes sensibles qu’elles se trouveront forcément confrontées à toute cette misère animale lors de leur séjour. Je regrette que votre reportage, au demeurant très bien fait, occulte cette question qui fait partie intégrante de la Réunion et qui risque de gâcher les vacances de beaucoup de personnes sensibles ou tout simplement ayant du coeur.

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    • Bonjour, merci pour votre commentaire. Lors de mon voyage à la Réunion, je n’ai pas croisé de cadavres d’animaux sur les routes ou de chiens errants en quantité supérieure à d’autres lieux. La Martinique par exemple ou la Nouvelle Calédonie en compte beaucoup plus. Je n’ai donc pas parlé dans ce reportage écrit à chaud en fin de séjour. La Réunion est une île magnifique. Que certains se rendent coupables de cruauté envers les animaux ne rend pas tous les Réunionnais responsables. Je ne suis sans doute pas assez sensibilisée à la cause animale, trouvant que beaucoup de travail reste à accomplir pour une vie décente pour tous les êtres humains. Je reste plus choquée de croiser des SDF en nombre que des chiens errants.Veuillez m’en excuser.

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  • Jolies vues depuis l’ULM, notamment celle du cratère.
    Quand à la cascade, elle est sublime.
    La réunion est vraiment une très belle destination.

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