Vélodyssée, mode d’emploi, ressenti et conseils pratiques

vélodyssée

Préambule : Vélodyssée quelle idée ?

Comme vous tous, j’ai vécu le confinement et comme beaucoup d’entre vous, je l’ai vécu en ville, en appartement, avec la police municipale qui rodait aux pieds des immeubles pour verbaliser les contrevenants.

Même si j’aime le slow tourisme, je ne suis pas une contemplative et les murs de mon appartement ont vite perdu leur charme. Car, comble de l’horreur, ma médiathèque a fermé juste avant mon retour d’Amérique Centrale. Rien de nouveau à lire, pas de voyages à programmer, juste attendre. Être PATIENTE ! Tout ce que je ne suis pas. Et je me suis promis de m’autoriser des vacances actives quand ce serait possible. Senior précise que l’Amérique centrale sur des pistes parfois utilisable uniquement par des 4×4 d’un certain format c’est relax. Je sens qu’il se moque.

Comme beaucoup de Français cette année, l’utilisation de la petite Reine m’a sauté à l’esprit. Pour beaucoup, elle est simplement pratique pour se rendre au travail de façon plus écolo avec en prime de jolis mollets. Enfin, ma petite voix m’a convertie à cette idée. Je vous parle de ma petite voix sur ce blog.

Étant en manque d’exercice et malgré les « suggestions » de mon Cher et Tendre qui tentait de me convaincre de craquer pour un vélo à assistance électrique et à de courts trajets, j’ai opté pour un vélo classique, un VTC à propulsion musculaire, la mienne et au trajet de la Vélodyssée, réputée facile et « quasiment » plate partant de Roscoff en Bretagne pour rejoindre Hendaye dans le pays basque quelques 1200 kms plus loin.

Vélodyssée comment ?

Il y a moult possibilités de la réaliser. En intégralité bien sûr, mais aussi par petits bouts choisis, en autonomie complète avec tente et sac de couchage ou en faisant porter ses bagages par une agence, en improvisation totale où le nombre de kilomètres se décide au jour le jour selon son état physique ou d’énergie, en vélo classique , en vélo couché ou avec assistance électrique… Il y a quasiment autant de façons de la parcourir que de cyclistes potentiels.

Vélodyssée quand ?

Dans mon cas, quand le confinement lié au COVID-19 serait levé et que je serai libérée de certaines contraintes, donc les mois de Juillet et Août. Pour une année ordinaire, il est possible de suivre cette piste cyclable tout au long de l’année. Mais pour plus de sécurité et de confort, j’aurai tendance à vous conseiller de la programmer entre le début du printemps et la fin de l’automne pour plus de plaisir et moins de mauvais temps. Certaines sections deviennent vite boueuses et pénibles avec une pluie soutenue. Par contre, l’évolution climatique peut faire craindre, l’été, des poussées de canicules et une relative sécheresse.

Vélodyssée à quel rythme ?

Ce point dépend intégralement de vous. Quelle portion avez-vous envie de réaliser ? La totalité ? Un cinquième ? Plus ? Moins ? Combien de temps allez-vous consacrer à cette échappée en bicyclette ? Voulez-vous pédaler jusqu’à l’épuisement et recommencer le lendemain ou prévoyez-vous de visiter les lieux par lesquels vous passerez et/ou séjournerez ? Quel but recherchez-vous ? Est-ce un défi sportif, un moyen de sortir de votre zone de confort, de vous prouver que vous êtes capable de pédaler pendant plus de 1000 km ? Est-ce le moyen imaginé pour alléger votre silhouette ? Ou pensez-vous profiter de cette relative solitude pour remettre de l’ordre dans vos pensées ? Ou peut-être est-ce un mix de toutes ces raisons ?

Partez-vous seul, en couple, entre amis ou avec un groupe d’inconnus ? Définissez votre objectif, quel qu’il soit, le degré de fatigue que vous êtes capable d’assumer, votre condition physique de base et le nombre de kilomètres à parcourir chaque jour. Prévoyez des jours de repos, aussi bien pour vos cuisses et vos fessiers que pour votre fidèle destrier et pour visiter certains lieux incontournables par lesquels la Vélodyssée vous emmène.

Mes conseils pour la Vélodyssée

Comme dit au-dessus, quelques éléments indispensables :

  • Votre condition physique. Ne la surestimez pas. Dans l’idéal et surtout si vous n’êtes pas de prime jeunesse, faîtes le point avec votre médecin traitant. Un surpoids n’est pas une contre-indication, un asthme sévère peut l’être.
  • Votre utilisation habituelle du deux roues. Quasi inexistante comme moi ou journalière comme certains qui le pratiquent deux fois par jour pour aller et revenir du travail. Bien sûr, ce sera différent si votre trajet est de 2 kms ou de 10 kms.
  • Déterminez le nombre de jours que vous souhaitez consacrer à cette piste cyclable et le nombre de jours de repos
  • Déterminez le nombre de kilomètres par jour, une fourchette plutôt. Et surtout, soyez attentif au dénivelé. 40 kms sur du plat n’est pas du tout la même chose qu’avec un bon dénivelé. Et même si le dénivelé positif est contrebalancé par le négatif. Pensez aussi que vous pouvez vous perdre, que la signalisation peut être absente ou erronée et que votre GPS peut ajouter des kilomètres. Enfin sachez que la Vélodyssée a horreur des lignes droites.  La réalité du terrain peut parfois imposer une adaptation (ne pas confondre la carte avec le territoire).
  • Planifiez vos étapes même si vous êtes en autonomie totale, surtout en été. Certains campings affichent complets et à moins que vous ne soyez adeptes du camping sauvage, ce peut être stressant de ne pas avoir de lieu sécurisé pour dormir. Si vous dormez en hébergement traditionnel, c’est encore plus indispensable. Dans ce cas, favorisez les séjours avec annulation gratuite. Vous n’êtes pas à l’abri d’un coup de fatigue, d’un problème technique sur votre vélo ou d’une envie de visiter un peu plus le lieu dans lequel vous vous trouvez. Penser à préciser à la réservation la nécessité d’un endroit sécurisé pour le vélo la nuit.
  • Pour ceux qui souhaitent l’autonomie totale penser au supplément d’alimentation : crever en pleine forêt, quand la réparation ne tient pas demande de pouvoir prendre du recul tranquillement.

Matériel indispensable :

  • le vélo bien sûr qui peut être le vôtre (pensez à le faire réviser, surtout les freins avant le départ), un vélo qu’on vous prête (idem) ou un vélo de location. Choisissez le plutôt en VTC avec porte bagages. Et testez le avant le départ, ce que je n’ai pas fait, bien sûr. Soyez attentif  au poids du vélo et à la forme de son guidon. Si je l’avais fait, je me serai sans doute éviter bien des douleurs dans les épaules.
  • La selle à choisir avec beaucoup d’attention : confortable, en gel de préférence, modèle homme ou femme. Si vous prévoyez de pédaler plus de trois heures chaque jour, acheter une selle parfaitement adaptée à votre anatomie sera un plus. Les messieurs éviteront bien des douleurs au scrotum et les dames sur les grandes lèvres. Si vous souhaitez en apprendre plus sur ce sujet : douleurs vélo
  •  Les sacoches toujours pratiques, même sans être en autonomie totale. Il en existe plein de modèles. Préférez celles qui s’attachent et se détachent facilement, vous comprendrez vite pourquoi. Et même si elles sont réputées étanches, ajoutez une protection anti pluie jaune de préférence. Vous les protègerez de la boue et vous serez encore plus visible. Et en vélo, la visibilité, c’est la vie.
  • Les antivols. Les plus efficaces sont réputés en U. J’ai choisi deux antivols classiques que je pouvais coupler plus un antivol permanent pour la selle. Oui, quand on a fait tout un parcours en danseuse, on s’en souvient.
  • Une sonnette pour vous faire entendre. J’en ai trouvé une avec différentes sonneries dont une d’alarme et une qui imite un camion. Plus utile qu’on le pense sur les voies cyclables que certains imaginent réservés à leur seul usage. Même les piétons qui s’étalent sur la piste sans vergogne.
  • Petit matériel de vélo : pompe, nécessaire pour crevaisons, bombe anti crevaison en état de fonctionnement.

En plus pour vous, cher.e cycliste

  • Casquette,
  • Lunettes de protection (J’ai trouvé chez Décathlon des lunettes de soleil dont l’indice de protection varie de 1 à 3 selon l’ensoleillement). Ces lunettes sont magiques pour éviter l’éblouissement, les petits cailloux et les insectes dans les yeux.
  • Des gants rembourrés pour éviter les sensations désagréables dans les mains
  • Et l’indispensable cuissard. Prévoyez-en deux pour laver chaque soir celui que vous viendrez d’utiliser. Bien sûr, le gilet jaune de visibilité n’est pas négociable.
  • Non indispensable mais appréciable : thermos pour le café ou le thé. Je ne connais rien de mieux pour me revigorer qu’une tasse de café au lait bien chaude. Et des boites boîtes hermétiques pour votre grignotage du jour
  • De quoi fixer votre téléphone et/ou GPS sur votre guidon (avec protection pour la pluie)
  • Et l’indispensable batterie de recharge.
  • Les guides précis sur la Vélodyssée. J’ai planifié mon trajet grâce à ceux des Éditions Ouest. Je vous les conseille.

Vélodyssée pour moi

Mon Cher et Tendre n’étant nullement motivé par la Vélodyssée MAIS n’ayant aucune envie de se priver du plaisir de ma compagnie durant deux mois a trouvé l’astuce. Il serait mon intendance, mon manutentionnaire, mon homme à tout faire. Il gérerait le portage de bagages et me rejoindrait chaque jour sur notre lieu d’hébergement journalier. Il serait aussi mon assurance en cas de problème insurmontable tel que chute, crevaison ou coup de flemme irrésistible. Son argument massue : il pourrait traîner les romans nécessaires à ma survie.

En fait, il a simplifié mon expérience puisque je n’avais besoin de porter que le nécessaire pour la journée : boisson, grignotage, matériel de vélo et… livre. Je vous ai dit que je ne pouvais pas m’en passer.

Les distances réalisées quotidiennement sont passées de 40-50 kms en début de Vélodyssée à 80kms, tout simplement parce que je m’ennuyais et j’arrivais trop tôt à l’étape suivante. A vous de voir combien de temps vous pensez pouvoir pédaler pour que ceci reste un plaisir et non une corvée. Pensez qu’il peut pleuvoir, se rafraîchir, venter de préférence face à vous et pire que tout, que vous deviez affronter une période de canicule. Ce dernier point implique un lever très matinal pour que vos efforts se réalisent à la fraîche dans la mesure du possible.

Il est indispensable de bien dormir pour réitérer ses exploits d’un jour sur l’autre. Je ne suis pas une lève-tôt mais je m’y suis obligée pour ne pas pédaler quand la température extérieure dépasse les 30 degrés. On ne change pas sa nature. Dormir peu est dangereux : j’ai réussi l’exploit de m’endormir sur mon vélo et d’être réveillée par la voix de mon rêve. Un brin dangereux car bien sûr, ceci m’est arrivée sur une route à circulation partagée. Joli terme pour dire que vélos, voitures et camions partageaient le même ruban d’asphalte. Donc, prudence. Limitez votre nombre de kilomètres si vous êtes fatigué.e.

Sachez qu’il est toujours possible, même si vous en bénéficiez pas comme moi, d’un homme à tout faire, de rejoindre l’étape suivante en train ou en bus. Je l’indiquerai dans le détail pour chaque étape.

La Vélodyssée du début jusqu’à la fin

Pour faciliter vos recherches, j’ajouterai ici dès leur parution les liens des articles sur les étapes réalisées. Et dès mardi 15 septembre 2020, et chaque mardi suivant, vous pourrez lire l’article correspondant à l’étape suivante de la Vélodyssée. Et pour vous donner un avant-goût :

  1. De Roscoff à Morlaix
Roscoff début de la Vélodyssée

On commence fort avec cette étape de kilomètres. C’est en Bretagne et la Bretagne est plate, n’est-ce pas ? Que nenni ! La Bretagne, me semble-t-il, recèle le plus vieux massif de granite de France et il faut vraiment beaucoup de temps pour aplanir du granite même en comptant en temps géologique. Déjà, il vous faut arriver à Roscoff. Si vous venez en transports depuis la région parisienne, un TGV départ gare Montparnasse vous emmènera jusqu’à Morlaix et un bus de Morlaix à Roscoff. Il faut impérativement réserver le passage de votre vélo qui doit être sous housse… (La suite ).

Conclusion provisoire

La semaine prochaine, je vous dirai tout sur l’étape Roscoff-Morlaix, la première étape de la Vélodyssée sur le territoire français. Je vous dirai que visiter AVANT de partir enfiler les kilomètres. Je vous expliquerai comment rejoindre Roscoff en transports en commun, voire Morlaix si vous désirez zapper l’étape Roscoff-Morlaix.

Donc, préparez vos vélos, nous nous retrouvons bientôt.

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