Morlaix à Carhaix-Plouger Vélodyssée deuxième étape

Vous voilà à Morlaix, soit en arrivant courageusement depuis Roscoff en vélo soit en ayant décidé de débuter ici votre périple cycliste.
Peu importe, la ville de départ  de l’étape du jour est belle et il serait injuste de ne voir en elle qu’une étape parmi d’autres. Donc, prenez votre temps et visitez-la.

Aujourd’hui, vous allez vous confronter aux Monts d’Arrée dont je vous ai déjà parlé et ce sur 48 km… sauf erreur de GPS bien sûr. Je plaisante, sur cette portion, les panneaux sont réguliers et se voient facilement. Peu de risque de vous tromper MAIS des escapades sont toujours possibles et ajoutent au kilométrage initial.

Y parvenir

Vive la SNCF. Des trains y parviennent de toute la France, en TGV depuis Paris Montparnasse pour les franciliens. La gare de Morlaix est d’ailleurs impressionnante par sa taille. Vélo avec réservation toujours et sous housse. Pour rejoindre le centre-ville, c’est facile, c’est en descente.

Morlaix

Très jolie ville nichée au fond d’un vallon. Non ce n’est pas un poème de Rimbaud mais presque. À une trentaine de kilomètres de Roscoff, toujours dans le Finistère nord, pays des galettes et de la bière… Ben si ! A notre arrivée, alors que je mourais de faim, seuls les bars étaient ouverts et servaient des hectolitres de boisson ambrée. Et pas de snacks.

Cette ville au riche patrimoine médiéval mérite une visite voire même un séjour prolongé, pour le plaisir de se perdre dans ses venelles, débusquer ses œuvres de street art et grignoter quelques crêpes dans une de ses nombreuses crêperies. Y sont célèbres ses maisons à pondalez. Moi, c’était la première fois que j’entendais ce mot. Les maisons à pondalez, une exclusivité mondiale parait-il. Mais qu’est-ce donc ?

Érigées au 16e siècle par des négociants de toile de lin, ces demeures s’organisent sur trois niveaux autour d’une cheminée monumentale, d’un escalier à vis et de passages en bois, appelés “ponts d’allée”. Leurs colombages surplombent en encorbellement les ruelles autour de la place Allende. Si vous voulez les visiter, sachez qu’il en existe deux en bon état au 9 Grand rue et une autre la Maison de la Duchesse Anne rue du Mur. Renseignez-vous sur les horaires de visite qui changent selon les saisons.

La visite incontournable

A ne pas rater, la balade sur le premier étage du viaduc qui surplombe la ville. Car c’est une des curiosités du lieu, le viaduc se situe au-dessus de la ville.  Autrefois, coulaient des rivières qui ont été comblées depuis. Par contre, les mollets vont souffrir : je n’ai pas compté le nombre d’escaliers gravis lors de la visite de la ville mais j’ai souffert. Ce faisant, admirez les belles œuvres de street-art lors de la montée.

Vous pouvez choisir de visiter la ville en petit train touristique. Reposant et instructif.

Et on pédale

Sinon, vous pouvez, armé de votre courage et de votre biclou, choisir sans tarder le chemin du départ. Il grimpe et ce n’est rien de le dire. Il vous faut rejoindre la rue du Moulin de la Chèvre jusqu’au bout, suivez le petit chemin qui grimpe. Encore ! Vous allez déboucher sur une jolie piste verte créée sur le tracé d’une ancienne voie ferrée. Et là, sur les 48 kms qui vous séparent de votre arrivée du jour, vous allez alterner les grimpettes et les descentes. Attention lors des traversées de routes qu’elles soient départementales ou nationales. Un vélo ne fait jamais le poids contre un camion et même une simple voiture.

Pendant que vous souffrez, pardon que vous soufflez, laissez-moi vous raconter une anecdote sur Morlaix que vous laissez derrière vous, un peu plus à chaque tour de roue.

Le viaduc a été construit en seulement deux ans. Mais ce n’est point ce détail que je souhaite vous conter : ce viaduc, lieu de passage de trains, était un point stratégique lors de la Seconde guerre Mondiale. A plusieurs reprises, les aviateurs alliés décident de le détruire pour couper la route aux trains allemands. Une fois, la météo est trop mauvaise pour le largage avec précision des bombes. Une autre fois, les 43 bombes de la Royal Air Force feront 67 victimes dans une école voisine mais aucun dégât sur l’Aqueduc. Ah les dommages collatéraux

Oubliez cette tragédie et reposez-vous, comme je l’ai fait, à l’ancienne gare de Coatelan. L’été, il sert de gîte d’étape. Tables et bancs abrités sont disposés ça et là. Puis vous allez apprécier les 12 km de faux-plats en montée. Et peut-être, tout comme moi, croiserez-vous les roulottes menées par des ânes. Et tout comme moi, regretterez-vous de ne pas avoir cédé à l’assistance électrique.

Mais si ça monte, c’est que ça redescend ensuite. La traversée de la forêt puis de la campagne environnante avec une descente légère 1 à 2% qui n’interdit pas le pédalage est agréable. Voir des animaux sauvages surpris par votre présence est un plus : lapins, rapaces, écureuils, biches… J’adore !

Détour pour les courageux

Vous passez tout près de la forêt d’Huelgoat dans laquelle se trouve la Roche Tremblante. Si  vous en avez le courage ou si vous possédez un VAE, faîtes le détour (7 km aller en grimpette, donc 14 km aller-retour en plus). Ce bloc de pierre de plus de 100 tonnes peut être mise en mouvement par un enfant… si on lui explique comment se placer. Vu sous un certain angle sa forme oblongue avec l’entaille, non achevée par les ouvriers de l’ex-carrière contiguë, évoque un cachalot auquel on prêterait bien un caractère facétieux.

Pour ceux qui souhaiteraient  en savoir plus sur la Roche Tremblante, cet article sur le blog Mamie Solange complétera vos connaissances.

Et ma légende ?

Une petite légende bretonne ? Avec plaisir. Dans la forêt d’Huelgoat, des amas de rochers, vous en verrez de tous les côtés. Pourquoi ? Comment expliquer un tel chaos rocheux ?

Selon la légende, Gargantua, de passage dans la région, demanda l’hospitalité aux habitants de la forêt. Furieux de ne se voir servir qu’une bouillie de blé noir. Pour se venger, il jeta tous les rochers qu’il trouva sur sa route à l’emplacement de l’actuel chaos. Un sacré remue-ménage ! Pour la Pierre Tremblante, peut-être voulait-il jouer un tour aux Bretons en leur laissant croire qu’ils pourraient la déplacer ?

Quoi qu’il en soit cette aire boisée, doucement vallonnée où coule au fond un filet d’eau ne manque pas de charme. Il est possible même, lors de votre venue que les harmonies d’une harpe, bien réelle, enchantent le lieu au-delà de la petite auberge qui vous tend les bras.

Mais n’ai-je point parlé des monts d’Arrée ? Vous êtes en plein dedans. Vous êtes descendus ? Eh bien, remontez maintenant.

Pour cette étape, prévoyez beaucoup d’eau et de quoi grignoter. Beaucoup d’eau. Vraiment !

Où manger à Carhaix-Plouguer

Non, je n’avais pas envie d’une salade ou d’une plâtrée d’haricots verts (ma folie en temps ordinaire). Je me suis régalée d’un excellent couscous dégusté à la Brasserie marocaine sur la place de la Mairie. Et Senior a validé mon choix et mon ressenti.

Et Senior a validé mon choix et mon ressenti. Pour lui avec un service simple et sans ambages, il vous est servi des plats réellement copieux où le goût vaut largement ceux de bien des restaurants dits gastronomiques. Aucun risque de déception, que ce soit de repartir avec un estomac frustré, ou d’avoir été berné sur le rapport qualité/prix. De plus, vous pourrez y apprécier des bières originales. Pour Senior, la blonde Coreff bio sous pression vaut à elle seule le déplacement. Plaisir doublé.

Conclusion provisoire

J’ai vraiment souffert lors de cette étape. Mes cuisses me brûlaient, mes poumons hurlaient et mon cœur battait la chamade. Pour les montées, je comptais jusqu’à 100 avant de m’autoriser à poser pied à terre. 20s de répit et je repartais. Et sur ma superbe montre connectée, j’ai gagné directement le badge Grimpeur niveau 2. Les utilisateurs comprendront.

Souvenez-vous qu’il ne s’agissait que de ma deuxième étape et que mes muscles n’avaient pas encore compris ce que je voulais leur infliger. Les pauvres !

La semaine prochaine, je vous parlerai de ma troisième étape Carhaix- Mûr De Bretagne   avec toujours des anecdotes, des conseils et des légendes.

Et comme toujours, si vous pensez à des conseils utiles à d’autres cyclotouristes, pensez à les ajouter en commentaires.
Merci pour eux.

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