Vélodyssée première étape de Roscoff à Morlaix

Vous vous êtes décidés. Vous avez lu mon article sur la préparation, votre vélo est fin prêt et vous aussi. Et comme vous aimez commencer les choses au début, vous avez décidé de parcourir la Vélodyssée du premier au dernier kilomètre, soit une aventure de 1200 km au total si vous ne vous égarez pas. Et le premier kilomètre part de Roscoff.

Pour vous y retrouver, pour chaque étape, je vous indiquerai comment atteindre la ville de départ en transport en commun (utile en cas de panne ou de coup de pompe ou de manque de temps). Un graphique du dénivelé positif et négatif vous sera fourni. Je vous parlerai des curiosités à ne pas rater sur le trajet et celles qui méritent le détour de quelques kilomètres. Et je vous raconterai mes coups de cœur et mes déconvenues.

Y parvenir

En train depuis Paris en TGV Gare Montparnasse jusqu’à Morlaix en 3h10

Depuis Morlaix, en car jusqu’à Roscoff (réservez pour votre vélo) en 45 mn

Pensez que votre vélo doit être démonté et sous housse.

Roscoff

Commune bretonne située dans le Finistère Nord, elle peut inciter à se poser quelques jours, histoire de charger ses batteries avant d’affronter plats et dénivelés. La Bretagne est plate ? Pauvres fous, ne faîtes pas la même erreur que moi et renseignez-vous sur les Monts d’Arrée.

Si vous prévoyez un arrêt à Roscoff, ne manquez pas de visiter cette jolie petite cité de caractère :

  • Vieux Port
  • Façade de maisons d’armateurs
  • Eglise Notre Dame de Croaz-Batz
  • Chapelle Sainte Barbe
  • Station biologique
  • Institut marin de Roc’h Kroum

Et pourquoi ne pas inscrire au programme un petit séjour de thalassothérapie ne serait-ce que pour parfaire la condition physique ?

Les Monts d’Arrée

Refusant de faire durer le suspense et de vous obliger à vous confronter à la même dure réalité que moi, Wikipédia nous informe que « Les monts d’Arrée sont un massif montagneux ancien de la Bretagne occidentale faisant partie du massif armoricain. Composés de roches sédimentaires et métamorphiques datant du Paléozoïque, ils marquaient la limite des évêchés de Cornouaille et de Léon. » J’ajouterai que bien que très anciens, ils n’en sont pas plats pour autant. Car il en faut du temps géologique pour aplanir un massif de granit. Donc, acceptez l’idée que vous allez grimper, descendre et grimper encore. Alors, si comme moi, vous imaginiez la Bretagne plate comme la main, c’est râpé.

Distance du jour : 30 km, juste de quoi se mettre en jambes. Mais quelques jolis dénivelés tout de même.

Roscoff-Morlaix

Roscoff-Morlaix

Un aperçu sur ce qui vous attend :

Dénivelé depuis Roscoff jusqu’à Morlaix. Étape de 30 km sans les visites

Le départ de l’étape du jour se situe sur le port près de la capitainerie. Vous allez longer des plages, neuf au total sur 14 kilomètres. La plage de Kersaliou vous permet une petite diversion, non obligatoire. Une côte de 400 mètres vous approche du manoir de Kersaliou, manoir breton typique du 15e siècle. Lui se trouve sur votre gauche. Sur votre droite, ce sera le château de Kersaliou, plutôt style Tudor fin 19e siècle. Aucuns des deux ne se visitaient lors de mon passage. Et la grimpette se justifie aussi par la vue sur les alentours.

Continuez jusqu’à St Pol-de-Léon

ST POL DE LEON pause obligatoire

Il serait dommage de ne pas vous arrêter un instant : ce lieu est si riche en histoire. Déjà, il est habité depuis la préhistoire (Dolmen de Kérangouez). De nos jours, vous pourrez admirer la cathédrale St Pol Aurélien avec un orgue de plus de 2000 tuyaux. Et juste en face, si les179 marches de la chapelle Notre dame du Kaiser, ne vous effraient pas, grimpez jusqu’au sommet du clocher. Vous ne le regretterez pas. Allez, un petit tour pour contempler la Maison prébendale, l’ancien palais épiscopal (mairie maintenant), le manoir de Kéroulas et le château de Kervenez.

Pour votre culture générale, sachez qu’une maison prébendale est la demeure d’un chanoine prébendé c’est-à-dire d’un dignitaire de l’église qui a le privilège de pouvoir lever l’impôt ecclésiastique …

Puis ré-enfourchez votre véhicule pour reprendre le chemin de Morlaix pendant que je vous raconte deux légendes.

  1. Un brave moine gallois suite à une vision serait arrivé ici. Un dragon y terrorisait la population.  Sans doute y dévorait-il jeunes filles et jeunes hommes pour rester fidèle à la tradition. Pour avoir terrassé l’animal, il fut sacré premier évêque de la région par le roi. L’ascension sociale était plus facile au 6e siècle. Maintenant, allez trouver un dragon à terrasser, tiens ! Je suis certaine qu’ils sont sur la liste des espèces en voie de disparition.
  • Pour qu’un Breton gagne le paradis, le chemin ne lui est pas aisé. Sans doute un abus du péché de gourmandise à base de crêpes, de beurre demi-sel et d’andouilles. Pour gagner son salut, il lui fallait réaliser le Tro Breiz. Non, pas une recette inédite de galette ! Il s’agissait du pèlerinage en l’honneur des 7 saints fondateurs de Bretagne. A pied donc. Le pèlerin allait s’incliner devant les tombeaux des saints fondateurs à Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol de Bretagne, Vannes, Quimper, Tréguier et Saint Pol de Leon. Si le cœur vous en dit… Libre à vous de poser votre vélo le temps des 600 kms minimum de pèlerinage.

L’arrivée sur Morlaix sera agréable avec la vue sur l’aqueduc surplombant la ville, une curiosité dont je vous parlerai lors de la prochaine étape. Et surtout, le chemin descend jusqu’au centre-ville, où vous trouverez tout ce dont vous avez besoin pour vous sustenter et vous reposer. Il y a même des WC gratuit !!!

Attention aux voies partagées ! Camions, voitures, motos et vélos sur le même tronçon de bitume n’est pas des plus rassurants pour les cyclistes.

Sur la portion Roscoff- Morlaix, quasiment que du bitume et donc voie partagée. Redoublez d’attention. Sauf si votre honneur tient à ce que vous réalisiez la vélodyssée en entier, je vous conseille de commencer la vélodyssée plutôt à partir de Morlaix, quitte à faire un détour en voiture ou bus jusqu’à Saint Pol de Léon

Mon ressenti

Mon petit truc en plus, c’est le gel froid que j’applique sur mes genoux lors des pauses quand les grimpettes les ont échauffées plus que de raison. Il en existe dans toutes les marques. J’utilise la marque Cellublue (lien non sponsorisé mais j’autorise la marque à m’adresser autant de gels effet glaçon qu’elle le souhaite). Je trouve que l’effet froid est réellement soulageant et durable. J’en ai testé plusieurs et c’est celui qui me correspond le mieux.

Bien sûr, vérifiez que vous n’êtes pas allergique à un des composants.

Franchement pas mon étape préférée. Elle est indiquée facile et famille sur les guides. Je l’ai trouvé de difficulté moyenne +et d’un intérêt très relatif, au vu des nombreuses routes partagées avec les autres véhicules. Si vous voyagez avec de jeunes enfants, commencez à Morlaix.

Bien sûr, c’était ma première étape et mon niveau de base nul en vélo était équivalent à zéro.

À la semaine prochaine pour découvrir Morlaix.

Conclusion provisoire

Excellente mise en jambes pour comprendre dans quelle galère vous vous êtes embarqué.e.

Sur cette portion, vous êtes très trop souvent sur des routes partagées avec d’autres véhicules et votre attention à leur égard doit être sans faille. Beaucoup de cyclistes conseillent de commencer la Vélodyssée non pas à Roscoff mais à Morlaix.


6 comments

  • sympa cet article. j’ajouterai quand même que cela serait dommage de rater l’un des plus beau tronçon breton de cette velodyssée entre Roscoff et St Pol de Léon. les voies partagées, on s’y fait, avec l’expérience. et puis ce sont souvent de très petites routes si on suit bien le tracé.

    parfois, au contraire, je reproche au itinéraire 100 % cyclacle, en particulier ceux fait sur les anciennes voies ferrées, d’être un peu monotone et coupé du monde. idem pour les canal, c’est long, c’est plat, cela peut devenir ennuyeux si on en fait plusieurs jours de suite. il se faut pas hésiter à sortir du tracé parfois pour visiter les villages, l’environnement, et pour cela il faut parfois aller sur la route

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    • Tout à fait d’accord avec les détours. Tout au long de la Vélodyssée, de nombreux lieux méritent une visite. et je les indiquerai pour chaque étape. Mon but en tant que cyclotouriste n’est pas “d’avaler” du kilomètre mais voir du paysage, découvrir, apprendre et aussi échanger avec d’autres personnes rencontrées sur les chemins.

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  • Bonjour. Hâte de lire la suite 🙂 bonne route ou plutôt bons chemins 🙂

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  • coucou solange, ah ça ne m’étonne pas! C’est la plaie les voies partagées avec les voitures car elles ne nous respectent pas (ni le code de la route d’ailleurs!)En tout cas, la balade était belle et pleine de légende sympa!

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