Voyager en étant diabétique

Voyager, c’est choisir sa destination selon ses gouts et/ou ses finances, préparer ses bagages et partir. Oui, pour la majorité des voyageurs, c’est aussi simple que ça. Mais… Ajoutez une maladie chronique dans le tableau et tout devient différent. Voyager en étant diabétique devient un poème.

Voyager en étant diabétique

 

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, souffrir d’une maladie chronique n’est pas réservé aux seniors. Et le diabète de type 1 touche de très nombreux jeunes. Quant à celui de type 2, plus lié aux habitudes de vie, sa cible rajeunit dans le monde occidental. Je suis donc allée interviewer Alexandre, psychologue de son état, amoureux de la vie et des voyages qui vit avec le diabète depuis de nombreuses années.

Présentation rapide

Je m’appelle Alexandre. J’ai 39 ans et je ne les parais pas (rires). Je suis psychoclinicien passionné par mon travail, les voyages, la musique, la danse, la lecture et le cinéma.

Depuis quand le diabète fait-il partie de ta vie ?

J’ai été diagnostiqué diabétique de type 1 il y a 22 ans, soit à 17 ans. Je vis avec une pompe à insuline depuis 7 ans.

Ton premier voyage en tant qu’adulte diabétique

Avant, j’ai beaucoup voyagé avec mes parents pendant les vacances, avec l’école, ou en colonie. J’ai toujours trouvé difficile de partir puis de revenir.

Mon premier vrai voyage en tant qu’adulte diabétique a été en Pologne, avec ma sœur. Elle a eu l’idée de m’emmener en Pologne car elle connait mon intérêt pour les lieux commémoratifs comme Auschwitz.

Maintenant, je voyage deux fois par an minimum pour de grands voyages en dehors de l’Europe. Et je pars aussi trois à quatre fois par an pour de petits voyages en Europe.

Question bête : y-a-t-il une incidence du diabète sur tes voyages ?

Bien sûr, c’est même devenu central.

  • Dans le choix de la destination : je veux un voyage en mode confortable. Fini pour moi le crapahutage et le mode roots. J’ai besoin de confort, d’hygiène et surtout d’un frigo disponible pour y stocker l’insuline.
  • Dans la préparation de la valise : je commence trois jours avant le départ et je la termine la veille. J’ai toujours peur d’oublier un élément important. Je vérifie plusieurs fois mes ordonnances, mon insuline, la trousse du capteur, les bandelettes urinaires et celles pour la glycémie, de quoi me resucrer en cas d’urgence, le stress jouant un rôle important sur mon taux de glycémie.
  • Sur le poids de la valise : je me change deux fois par jour car les hypoglycémies entrainent des sensations de chaleur intense et j’ai de base tendance à beaucoup transpirer. Je me retrouve toujours avec un excédent de bagages de 10 kg si je pars une semaine. Pour les voyages plus longs, trois semaines ou plus, j’ajoute un bagage de 23 kg à ce qui est autorisé. Ce qui bien sur accroit le cout du voyage.
  • De plus, le sac contenant le matériel diabétique n’est souvent pas considéré comme un bagage à main par les compagnies aériennes. Il pèse 6 à 7 kg.

Comment se passe le passage en douane ?

Je suis systématiquement mis sur le côté et contrôlé de la tête aux pieds. Le passage le plus rapide a duré 10 minutes, le plus long 1h15 ! La pompe à insuline déclenche le signal du portique, on me demande de la retirer, ce que je refuse évidemment. J’attends l’arrivée des responsables qui demandent une fouille complète. J’ai pourtant sur moi l’ordonnance internationale, la carte de diabétique, l’attestation de sortie du territoire du matériel spécifique et le tout signé par médecins et infirmières : refus automatique ! Je reste calme et j’attends. C’est toujours un responsable qui donne le feu vert. Il est toujours nécessaire d’expliquer la maladie, le traitement et les machines, le tout en anglais, langue que je suis loin de maitriser.

Donc, les conséquences sur le voyage :

Je dois prévoir beaucoup plus de temps que d’autres pour passer les différents contrôles. Impossible pour moi de partir en dernière minute.

Le handicap est censé faciliter le passage en douane ; là, c’est clairement l’inverse.

Quand je voyage, j’aime être assis côté hublot. Et en tant que diabétique, j’urine souvent. Donc, je m’installe plutôt côté couloir.

J’ai déjà perdu des affaires à cause de l’obligation de choisir entre deux bagages : bagage diabétique OU bagage à main.

L’horreur, c’est de constater que malgré mes 7 vérifications, j’ai oublié un élément important en rapport à ma maladie.

Assurance voyage

J’ai choisi d’avoir une carte bancaire Gold parce que leur couverture voyage est impeccable. Vérifiez avant de partir quelles sont les garanties offertes par votre carte bancaire. Si vous prenez une assurance voyage supplémentaire, vérifiez qu’elle couvre les maladies préexistantes aux voyages. Beaucoup ne le font pas. Or, le danger qui guette un diabétique est une conséquence de sa maladie.

Ce que t’apportent les voyages

  • Une distanciation par rapport à cette maladie
  • Le soin apporté à la préparation des bagages évite des problèmes sur place et de plus, en voyage, je suis plus attentif à moi, j’écoute les signaux de mon corps, ce qui entraine une meilleure glycémie et un rééquilibrage du diabète.
  • Et tous les bienfaits des voyages : la découverte de nouveaux paysages, de nouvelles cultures, des savoir-vivre différents, un patrimoine inconnu et surtout un contact avec la population locale.

Ton plus mauvais souvenir de voyage :

A l’hôtel en Turquie, le personnel de chambre a jeté mon insuline stockée dans mon frigo. Elle a été retrouvée plusieurs heures plus tard alors que j’envisageai très sérieusement le rapatriement en urgence.diabète

Tes conseils pour les autres diabétiques désirant voyager

  • Tout prendre en double
  • Vérifier autant de fois que possible sa valise et vérifier encore au moindre doute
  • Se renseigner sur la disponibilité des médicaments dans votre pays de destination
  • Avoir toujours sur soi de quoi manger et boire
  • Prévoir d’arriver une heure plus tôt que conseillé dans les aéroports
  • Eviter toute source de stress. Prenez les vols de fin d’après-midi plutôt que ceux du matin
  • Penser aux lingettes humidifiées pour se rafraichir dès que le besoin s’en fait sentir (en bagage à main)
  • Avoir ses biscuits préférés ou sucreries dans sa valise et dans son bagage à main pour une éventuelle hypoglycémie. On ne sait jamais si on trouvera ce que l’on aime à l’étranger.
  • Choisissez un logement en Airbnb et plutôt en centre-ville. En cas d’urgence donc d’hospitalisation, les centres hospitaliers seront plus proches.
  • Si vous nagez, soyez accompagné. Il est difficile de ressentir les effets d’une hypoglycémie dans l’eau.
  • Pensez qu’une activité physique intense peut avoir des répercussions sur votre glycémie pendant plusieurs heures voire plusieurs jours.
  • Avoir toujours les adresses des ambassades en cas de problème.

Que désires-tu ajouter ?

L’alimentation peut être très compliquée à l’étranger : on ne mange pas la même chose dans les restaurants et on se dépense beaucoup plus en vacances.

Mon vrai conseil :

  • Airbnb avec un lave-linge ce qui permet d’alléger la valise, une cuisine pour mieux contrôler son alimentation et savoir exactement ce que l’on mange.
  • Avoir un bracelet diabétique et sa carte de diabétique sur soi, en anglais de préférence.
  • En cas d’excursion, toujours préciser que l’on est diabétique. Personne n’est à l’abri d’un accident.
  • Les climats jouent sur la glycémie. Donc, boire énormément d’eau en bouteille capsulée.
  • Penser aux vitamines et surveiller ses blessures, surtout au niveau des pieds. Les soins des pieds sont très importants (crème, pansements, chaussures pour la plage, etc.)
  • Eviter la climatisation. En tant que diabétique, la résistance aux infections est moindre.

Pour conclure

Prenez soin de vous et voyagez !

 

Encore merci à Alex pour ce témoignage. Si vous avez d’autres conseils ou des anecdotes marquantes sur la vie avec le diabète, partagez-les en commentaires. Et comme dit Alex, prenez soin de vous et voyagez !

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